Une décennie désastreuse pour les marchés boursiers vient de se terminer il y a juste un mois. La nouvelle décennie sera-t-elle porteuse de chance pour les investisseurs ?
Que de commentaires pour exprimer l’état désastreux des marchés financiers ces dix dernières années. Les investisseurs boursiers peuvent le dire : la décennie passée aura été la plus calamiteuses en termes de pertes boursières depuis les années 30. Après les flambées des années 80 et 90, la déception de la dernière décade a été humiliante et frustrante.
En effet il sera très difficile pour les investisseurs d’oublier l’odeur des milliards de dollars de pertes qu’ils ont subi.
Dans les années 80 et 90 les entreprises membres de l’indice S&P500 ont engendré plus de 400% de bénéfices à leurs actionnaires si on y inclut les dividendes selon Capital IQ. A contrario, depuis 2000 le même indice a perdu 10,8%.
Même les investissements à long terme deviennent risqués
« Ce qu’il faut en retenir c’est que la bourse est risquée » dit Zvi Bodie professeur à l’université de Boston. Et d’après lui, ce que l’on oublie souvent c’est que le risque boursier est dangereux même pour les investisseurs au delà de 10 ans ou plus.
Les investisseurs ont déjà reçu cette leçon il y a plusieurs années de cela. Les années 70 étaient une période brutale pour les marchés financiers. L’indice S&P500 a performé de seulement 17,2% lors de cette décade là. Malheureusement pour les investisseurs les 17,2% de gains ont très vite été engloutis par l’inflation record qui sévissait. Le dollar américain a perdu 53% de sa puissance lors de l’inflation des années 70 alors qu’il n’a perdu que 20% depuis 2000. Après cette période la plupart des investisseurs ont passé plusieurs années à éviter les marchés en invoquant des raisons aussi farfelues les unes que les autres selon John Merryl, le directeur des investissements de Tanglewood Asset Management.
Mais plus tard lorsque les marchés se mis à grimper d’année en année, les investisseurs ont oublié d’être effrayés. « Nous étions tous très fiers » dit Jeffrey Hirsch, rédacteur en chef de “the Stock Trader’s Almanac”.
Les investisseurs ne se sont pas seulement rués sur les produits peu risqués mais ils ont aussi acheté des produits risqués tel que les valeurs technologiques non profitables qui ont précipité les marchés dans la crise en 2001 et 2002. « On est passé de la sous appréciation massive des actions des années 70 à la sur-appréciation des actions dans les années 2000. » dit Merryl. Il ya eu un débordement avec l’envolée des prix immobiliers en milieu de décennie suivie par l’explosion des matières premières en 2008.
Qu’y a-t-il derrière cette chute ?
Essayé d’expliquer pourquoi les marchés financiers ont sous performés dans la période 1999-2009, sera aussi difficile que de prévoir leurs performances des dix prochaines années. Merryl pense que les mauvais résultats boursiers sont plus dûs aux surévaluations des actions au début de la décennie qu’à la faiblesse de l’économie réelle pendant la même période. Même s’il note que l’économie aussi a été dopée par les emprunts excessifs des ménages.
Hirsch pense que le facteur déterminant des bourses a été l’attaque terroriste du 11 septembre 2000 et l’engagement très onéreux du gouvernement américain dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak. La guerre du Vietnam a favorisé la baisse boursière des années 70 tandis que la seconde guerre mondiale à maintenu les marchés à des niveaux très bas dans les années 40. Au début de la décade la capitalisation boursière des entreprises du S&P 500 dépassait allègrement les 12.000 milliards de dollars. Aujourd’hui avec les changements intervenus dans la composition de l’indice, sa valeur globale s’établit dorénavant à 10.000 milliards de dollars.
Les compagnies sont elles devenues moins riches en 2009 qu’elles ne l’étaient en 2000? Rob Lutts le fondateur de Cabbot Money Mangement. « Elles ont crées d’énormes valeurs ces dix dernières années qui ne se reflètent pas dans le prix de leurs actions aujourd’hui »
Aucune autre issue à part la hausse ?
Espoir de lendemains meilleurs à Wall Street. Et certains investisseurs parient que la faiblesse des années 2000 produira des fabuleux bénéfices lors de la prochaine décennie. C’est le modèle historique. « Neuf fois sur dix, une mauvaise décade est toujours suivie d’une très bonne décennie » dit Merryl. « Soyez un preneur de risque » ajoute t’il. Lutts quant à lui dit « personne ne le veut, c’est un point de vue contraire »
Les marchés ont le potentiel pour mieux faire d’après Bodie, mais il est impossible de prédire le futur avec une certaine évidence et pour beaucoup de personnes cela ne supprime pas le risque de marché ».
En 1969 les investisseurs n’ont pas été capables de prévoir le choc pétrolier des années 1970. Tout comme en 1999, les pronostiqueurs n’ont pu prévoir les guerres et les chocs boursiers qu’à depuis connu le monde.
En 2009 les investisseurs sont dans l’incertitude des lendemains boursiers. Ceux qui sont disposés à faire de gros paris pourraient gagner ou faire face à une autre décennie d’espoirs déçus et de pertes astronomiques.
Un article de Steverman traduit par J3A

