Catégorie | Economie

Bruxelles exclut un plan de sauvetage à l’américaine

Publié le 27 September 2008

Insistant sur le fait que la situation bancaire en Europe est moins catastrophique, les officiels de l’Union Européenne disent qu’ils préconisent des réglementations plus strictes, mais en aucun cas un allégement des dettes.
« S’il est nécessaire d’avoir des règlementations financières plus strictes dans le monde entier et en Europe en particulier, un plan de sauvetage comme celui des Etats-Unis n’est pas nécessaire à ce stade », ont déclaré mercredi dernier (24 Septembre) les officiels de l’UE aux députés.
Les événements récents dans le secteur financier affectent lourdement l’économie, car ils sont « d’une ampleur qui dépasse tout ce que nous avons vu dans notre vie », avoue Joaquin Almunia, commissaire européen chargé des affaires économiques de l’UE.
Toutefois, se référant à la récente décision des États-Unis d’acheter pour 700 milliards de dollars (476 milliards d’euros) les mauvaises créances des banques et autres institutions financières, il soulique que « la situation à laquelle nous sommes confrontés en Europe est moins grave et les Etats membres [de l'Union européenne] n’estiment pas à ce stade qu’un plan comme celui des Etats-Unis est nécessaire ».
« Nous parlons d’un plan des États-Unis, adapté à la situation des États-Unis, pays d’où, il faut le rappeler, la crise a commencé et où le secteur financier a été le plus gravement touché. », fait remarquer le commissaire européen.
Prenant également la parole au Parlement, le français Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’État aux affaires européennes, dont le pays occupe actuellement les six mois de présidence tournante de l’UE, s’est aligné sur la même position, en affirmant que le système financier européen est « encore stable et n’a pas besoin de ce genre de mesure ».
Ils ont toutefois tous les deux insisté sur le fait que cela ne signifie pas que davantage de réglementation n’est pas nécessaire, car l’opacité des banques est l’un des facteurs à l’origine d’une « chute spectaculaire de la confiance » sur les marchés.
«Ce laisser-faire ne sera bénéfique pour personne. Il est trop tard pour cela. Nous devons maintenant examiner l’étendue des risques, le pouvoir des autorités de régulation et le type d’intervention », a déclaré Jouyet.
Pour sa part, Almunia a souligné qu’à la suite des derniers événements sur les marchés financiers, « le modèle actuel de réglementation et de surveillance doit être remanié ».BRUXELLES DEVRA PRENDRE DES MESURES
Le débat au Parlement s’est déroulé un jour à peine après que les députés aient demandé à la Commission Européenne de présenter des propositions législatives visant à améliorer la réglementation du secteur financier, en ciblant plus particulièrement les hedge funds et les entreprises de private equity.
Charlie McCreevy, commissaire européen responsable du Marché intérieur de l’Union européenne, a rejeté ces propositions lundi dernier, en affirmant qu’aucune réglementation supplémentaire n’est nécessaire pour les fonds.
Mais mercredi dernier, Almunia a déclaré que les dirigeants de l’UE vont présenter le mois prochain de nouvelles règles pour le secteur bancaire, en particulier sur la façon dont beaucoup de banques sont autorisés à garder des réserves, et sur la façon dont les régulateurs doivent agir lorsqu’il y a un risque de faillite pour une banque.
Il sera question d’une proposition de loi sur la surveillance des agences de notation de crédit, qui ont été critiquées durant la crise pour ne pas avoir alerté les investisseurs sur certains risques et pour avoir répertorié des dettes à risque dans la catégorie d’investissements sûrs.
Alumnia a également dit qu’il s’attaquerait à la question de la rémunération des dirigeants : « Nous devons réfléchir au système de rémunération des dirigeants [et] des PDGs », a-t-il déclaré en ajoutant que le sujet sera examiné à la prochaine réunion des ministres des Finances de l’UE .
Certains députés sont restés sceptiques et ont déclaré que jusque-là les actions menées par Bruxelles n’ont pas été convaincantes.
« Cela fait plus d’un an que la crise financière a commencé [et] il n’y a toujours pas de réglementation », avance Pervenche Beresle, députée socialiste française, en donnant à titre d’exemple les agences de notation de crédit.
« Un problème se pose quand les gouvernements ne se font pas confiance les uns les autres pour renforcer la réglementation financière et quand la Commission n’est pas à la hauteur », a-t-elle déclaré un peu plus tard aux journalistes.
Pour sa part, Jouyet a souligné que la Commission doit être en mesure d’agir rapidement. « Nous devons rétablir la confiance et rassurer les gens. »                                                                             

« Nous devons avoir des choses à proposer pour la séance [sommet de l'UE] du 15 Octobre prochain, » a-t-il ajouté.

Elitsa Vucheva Traduction L. traoré

3 Commentaires de cet article

  1. amaz says:

    Tres bien d’exclure le plan de sauvetage US mais bémol : l’UE fait trop de discours, trop de prise de position qui ne changent rien au final. Toujours un train de retard par rapport aux américains. Meme l’idée du durcissement de la reglementation des agences de notations, ils ne l’ont pas inventé. A la fin du premier trimestre de cette année, Paulson disait déjà en réaction à la crise : ” Il va falloir trouver le bon équilibre. La réglementation doit rattraper l’innovation et contribuer à restaurer la confiance des investisseurs mais il ne faut pas aller trop loin et créer de nouveaux problèmes, et risquer ainsi de rendre nos marchés moins efficaces”. Tout y était. Alors, oui il est temps que Bruxelles agisse et pense bien et vite!

  2. manu says:

    Bon ben comme cela c’est réglé ! le congrès américain a également décidé d’exclure un plan de sauvetage à l’américaine…

  3. tom says:

    Oui mais bon le plan est resoumis à votes et c’est sûr qu’ils vont tenter le passage en force quoiqu’il arrive.
    Par ailleurs, l’UE peut s’opposer à un plan de sauvetage autant qu’elle le souhaite, cela n’empêche pas ses Etats membres de nationaliser et d’injecter du capital très rapidement sans attendre un quelconque aval de Bruxelles cf Dexia & Fortis… si cela ne ressemble au plan américain!

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