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Ce qui manque aux présentations des résultats des entreprises : La croissance des revenus.

Publié le 11 August 2009

Les résultats des entreprises du dernier trimestre ont battu tous les consensus, entraînant du coup une hausse des indices boursiers. Mais sans gros revenus les bénéfices peuvent ils continuer d’impressionner ?
Les profits sont toujours aussi bas et l’économie encore affaiblie mais les investisseurs célèbrent de toutes les façons les résultats du dernier trimestre comme si de rien n’était. Certains observateurs du marchés attirent l’attention sur le fait que l’absence de croissance des revenus rendra difficile une envolée des bénéfices des entreprises ce trimestre.
Jusqu’ici seuls 83% des entreprises du Standard&Poor500 ont donné leurs résultats avec une baisse des profits de 28.4% selon Thomson-Reuters. Avant le début de la période de présentation des résultats, les analystes prévoyaient une baisse de 35.6%. Le S&P 500 a gagné 13% depuis qu’Alcoa a donné le coup d’envoi des présentations du second trimestre qui s’étale du 8 Juillet au 8 Août.
C’est la deuxième présentation successive des résultats qui coïncide avec une hausse des marchés. Le S&P 500 avait perdu 35.5% lors du premier trimestre 2009 mais les investisseurs s’attendaient à des pertes beaucoup plus élevées. Le marché est solidement monté en Avril et Mai.
En écho à la récession, les prévisions ont été très basses les deux premiers trimestres déclare Uri Landsman d’ING Investment Management. « Dans chaque cas, les résultats ont été nettement mieux que ce que les gens espéraient » dit il.

Un optimisme grandissant
Ce ne sont pas les résultats meilleurs que prévus qui ont fait monter les bourses mais le changement de ton survenu chez les PDG. « Il y a de nombreuses entreprises qui entrevoyaient la fin du tunnel » dit Peter Cardillo l’économiste de marché en chef d’Avalon Partners. Par exemple John Chambers le PDG de Cisco Systems à déclaré le 5 Août que la crise avait atteint son point culminant. Tandis que le PDG de Caterpillar Jim Owens affirme dans une déclaration du 21 Juillet : « Il y a toujours une incertitude mondiale en ce qui concerne l’économie mais nous voyons des signes de stabilisation qui nous l’espérons seront les bases d’un éventuel redressement ».
Lors de la présentation des résultats du 1er trimestre beaucoup de dirigeants sondés ont répondu qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait dit Terry Morris gérant de fonds actions chez National Penn Investors Trust. » Maintenant le mangement commence à être un plus optimiste tout en restant prudent ».
Les résultats mieux qu’espérés proviennent donc de la modération combinée de l’enthousiasme des PDG et des investisseurs, des licenciements et autre mesures de réduction des coûts. Les compagnies ont fait des profits en diminuant les dépenses et non en augmentant les ventes. Pendant que plus de 70% des entreprises ont fait mieux que les profits attendus seuls 35% ont battu les estimations de revenus des analystes selon Ashwani Kaul le responsable mondial de la recherche chez Thomson Reuters.

Faire mieux que les prévisions
Se basant sur la faiblesse des ventes, Michael Yoshikami président et Stratège en investissement en chef de YCMNET Advisors dit : « je ne crois pas qu’on puisse y voir très clair dans cette saison de présentation des résultats». Sans amélioration des revenus il est difficile d’extrapoler sur les résultats des futurs trimestres.
La bonne nouvelle c’est que beaucoup plus d’entreprises ont battu les prévisions en terme de revenus plus qu’au premier trimestre. Seuls 20% l’avaient fait au trimestre dernier ce qui donnait une idée de la faiblesse de l’économie.
Les sociétés doivent être félicitées pour avoir drastiquement baissé les coûts dans cet environnement dit Kaul. «Les entreprises se sont très bien adaptées » reconnait John Merrill Directeur des Investissement de Tanglewood Wealth Management. En baissant les coups maintenant les sociétés devraient faire beaucoup plus de profits lorsque la situation économique va s’améliorer ajoute t’il.
Beaucoup d’observateurs pensent que les prochaines périodes de présentation de résultat continueront de faire monter les marchés. Mais cela dépend du niveau d’espérance des analystes et des investisseurs. Si les investisseurs espèrent beaucoup trop, ils seront désappointés. « Nous ne savons pas encore quelle sera la pente de recouvrement de l’économie » admet Landsman. Mais optimiste il ajoute « le pire est derrière nous, nous sommes en période de recouvrement ».

Espoir du 4è trimestre
Selon Thomson Reuters les analystes prévoient une chute de 21% des revenus des entreprises du S&P 500 au troisième trimestre par rapport à la même période de 2008. Mais ils bondiront de 185% sur une année glissante au 4 è trimestre. Le rebond prévu du quatrième trimestre 2009 montre comment le dernier trimestre 2008 a été mauvais lorsque les revenus des entreprises du S&P500 avaient sombré de 67%. Malgré les excellents résultats des deux premiers trimestres, les estimations pour les troisième et quatrième ont difficilement évoluées le mois passé. Merrill pense que les résultats des revenus devraient agréablement surprendre les investisseurs encore une fois au 3è et 4è trimestre grâce à l’embellie remarquable de l’économie. Mais il prévient que les compagnies continuent de faire face à de larges challenges en 2010. « Il y a beaucoup trop d’inconnus en ce moment, ce que vous pouvez voir devant semble prometteur mais ce que vous ne pouvez pas voir est très incertain » dit il.
Morris craint que la croissance des revenus des entreprises ne soit pas pour demain. « Jusqu’à ce que le consommateur commence à se sentir un peu mieux, nous ne verrons probablement pas la croissance des ventes que nous avions l’habitude de voir ».
Et sans un bond des revenus supportés par la vente de plus de biens dans une économie croissante, les cours boursiers risquent de baisser à nouveau.

Un article de Ben Steverman Traduit par J3A

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