Catégorie | Politique

Comment avoir le sens de la communication de Barack Obama

Publié le 26 January 2009

Une étude des tactiques utilisées par Obama s’avère être essentielle pour comprendre le style qu’il a adopté afin de gouverner sa nation, et révèle des techniques utiles aux dirigeants dans tous domaines.

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Par John Baldoni traduction N. BOUGEANT
Le Président Barack Obama est considéré à juste titre comme l’exemple parfait d’un homme ayant le don de la communication. Ses habilités en matière de rhétorique ainsi qu’une capacité à peindre des tableaux grâce aux termes qu’il emploie – afin que les gens non seulement voient ce qu’il voit, mais aussi le ressentent- sont les qualités qui l’ont catapulté au cœur même de la conscience politique nationale. Cependant, depuis qu’il a été élu, le monde s’est mis à observer de très près la grande variété des styles de communication adoptés par Obama pour se rapprocher des gens.
Une étude des tactiques qu’il utilise s’avère être essentielle pour comprendre le style qu’il a adopté pour gouverner sa nation, et révèle des techniques utiles aux dirigeants dans tous domaines :

 

Mettre au défi. Le slogan ‘Yes, we can’ a été le thème de sa campagne. Il a servi à la fois en tant que cri de guerre utilisé par Obama pour inciter les gens à agir, et en tant qu’avertissement indiquant aux Américains que s’ils voulaient que leur nation change de visage, il leur faudrait travailler pour y parvenir. Il a aussi promis de s’attaquer aux nombreux problèmes, précisant que pour cela il aura besoin de leur soutien. C’est ce défi qui plus tard représentera pour les américains un ultime défi, lorsqu’il devra prendre de rudes décisions qui contrarieront la plupart de ses partisans. Lorsque cela arrivera, il devra les mettre face à un défi tout comme il a défié le statu quo.

Questionner. En tant qu’ancien professeur de droit, Obama adore débattre des opinions divergentes. En traitant d’un sujet, il aime entendre tous les avis possibles sur ce dernier. Il souhaite provoquer d’autres personnes afin qu’ils lui donnent des points de vue opposés. L’une des raisons pour lesquelles il parvient à susciter l’intérêt de personnes ayant des avis disparates est qu’il écoute réellement ce que les autres ont à dire. Cette capacité à réconcilier des idéologies différentes lui sera essentielle pour recevoir un soutien biparti de ses initiatives.
Encourager les troupes. Tandis que le parcours qu’Obama a fait en train de Philadelphie à Washington D.C. en vue de retracer le même itinéraire qu’Abraham Lincoln souligne une grande portée historique, comme l’a indiqué Candy Crowley, une journaliste de la chaîne CNN, Obama voulait enthousiasmer son public, ainsi que la nation toute entière, au sujet de son gouvernement, et attirer leur attention sur les défis auxquels celui-ci fait face actuellement. Obama souhaite faire de cet élan d’espoir un atout politique qui s’avérera utile aux moments où son gouvernement et lui-même devront prendre de pénibles décisions.
Rester lui-même. Obama est un passionné de sport et il n’a pas hésité à exprimer son point de vue en indiquant qu’il faudra mettre en place des séries éliminatoires de football universitaire. De plus, la famille est à ses yeux une valeur primordiale, et il n’a pas peur de dévoiler l’amour qu’il porte à sa femme et ses filles. L’image qui nous vient alors à l’esprit est celle d’un homme qui, à bien des égards, est comme les autres…et par conséquent, qu’il connait lui aussi les difficultés et tribulations que l’on rencontre au quotidien.
Décider. Aussi disposé à recevoir des points de vue divergents qu’il puisse être, la façon avec laquelle Obama a mené sa campagne, ainsi que les négociations qu’il a rapidement engagées avec le Congrès américain, ont prouvé qu’il sait ce qu’il veut et il n’a pas peur d’utiliser le capital politique qu’il a accumulé pour y parvenir. Le fait qu’il ait réussi, en exerçant des pressions sur le gouvernement, à libérer la seconde partie des fonds du programme de sauvetage des actifs à risque (TARP : Trouble Assets Relief Programm) en est une illustration parfaite.
Inspirer. Lors d’un discours précédent celui de son investiture tenu au Lincoln Memorial à Washington, Obama a rappelé aux Américains l’exemple de Lincoln et sa rhétorique en déclarant : « Ce dont nous avons besoin, c’est une nouvelle déclaration d’indépendance, non seulement pour notre nation, mais aussi dans nos propre vies, en vue de nous libérer des idéologies, des pensées restreintes, du préjudice et du sectarisme ; il nous faudra pour cela faire appel non pas à des instincts qui nous sont faciles, mais au meilleur de nous-mêmes. » Si le passé a une portée significative importante, il est probable qu’Obama invoque les obstacles majeurs surmontés au cours de l’histoire américaine comme étant un élan d’espoir et une preuve que des décisions rudes peuvent être prises et que l’on peut résoudre les problèmes les plus délicats.
Une autre chose chez Obama qui lui est primordiale afin de lui permettre de diriger une nation affectée par la crise est son flegme. Invité sur le plateau du talk show Larry King Live, le stratégiste James Carville, depuis longtemps démocrate, a fait remarquer à quel point l’attitude d’Obama lui avait servi à dégager de l’assurance, une qualité qui peut réconforter des citoyens américains en temps de crise.
Ce qui lui permet d’étayer des styles de communication tellement variés, c’est un sévère sens de la discipline. Il est rare de le voir en désaccord avec la politique gouvernementale ; il n’hésite pas à garder ses intentions pour lui, en particulier lorsque les médias l’interrogent. Son entourage et lui restent cohérents dans leurs idées, et c’est pourquoi la campagne d’Obama a été couronnée de succès.
Obama possède une aisance orale qui rend ses arguments clairs comme du cristal. Son défi, comme celui de tous les dirigeants, est de s’assurer que les termes qu’il emploie serve à inciter à l’action plutôt qu’en tant que simples fioritures rhétoriques.
Autrement dit : il est facile de formuler des paroles…mais seules les actions comptent.

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