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Côte d’Ivoire : Comment et pourquoi lutter contre l’asphyxie économique que la France veut imposer (2è partie).

Publié le 27 December 2010

(La première partie de cet article se trouve ici).

1.2 L’état doit immédiatement arrêter de traiter avec les banques françaises au profit des banques ivoiriennes
L’administration publique devrait dans le même élan arrêter toute collaboration avec les banques majoritairement détenues par les français et se tourner vers les banques ivoiriennes. Ces banques ont déjà par le passé montré leur capacité de mobilisation de ressources exceptionnelle quant il s’est agi de soutenir des entreprises ivoiriennes ou exerçant ici (75 milliards pour MTN en 2009 et 40 Milliards pour la SIR en 2010). Ainsi l’état se rendra moins dépendant des désidératas de Paris.

1.3 Conséquences
Affaiblir les banques françaises au profit des banques majoritairement détenues par des ivoiriens ou l’état lui-même aura pour conséquence de menacer dangereusement le ratio de solvabilité (ratio mcDonough) de la SGBCI et de la BICICI, ce qui à terme devrait permettre leur reprise par les banques ivoiriennes. Attention il ne s’agit pas de l’idée à relents populistes qui consiste à demander aux populations de retirer tous leurs avoirs le même jour pour engendrer un effondrement du système bancaire. Pour ne pas avoir de conséquences immédiates sur l’ensemble du secteur pour cause d’éventuelles faillites, les banques ivoiriennes pourraient exiger que malgré leur départ les fonctionnaires continuent de rembourser les crédits contractés auprès des banques à capitaux français ou même au demeurant racheter ces crédits lorsqu’il est possible de le faire. Le but étant de les maintenir sous perfusion le temps que le transfert de puissance passe des banques étrangères vers les banques ivoiriennes. Une fois la taille critique atteinte par les champions nationaux, le rachat des entités françaises ne devrait être que plus facile. Cette solution a donc le mérite d’éviter un effondrement brutal du système financier ivoirien eu égard aux différentes interactions bancaires existantes.

1.4 Créons très rapidement notre banque centrale et donc notre monnaie
Les dernières décisions de l’UEMOA qui agit sous l’instigation de la France nous oblige à créer notre propre monnaie que nous le voulions ou non. Cette hypothèse autrefois utopique s’impose de fait à nous si tel est que nous voulons vraiment être une référence pour l’Afrique libre, décomplexée sur le chemin du vrai développement économique. J’épargnerai ici aux lecteurs les complexités techniques de mise en œuvre d’une telle entreprise et des moyens de lutte contre l’inflation pour m’attarder sur ses conséquences immédiates.

- Avantages
Contrairement à ce que pourraient penser beaucoup de sceptiques, un franc ivoirien serait une aubaine pour la Côte d’Ivoire pour les raisons suivantes :
• Réelle indépendance économique
• Disponibilité pleine et entière de nos ressources financières qu’on pourrait ainsi allouer à des actes de développement

- Inconvénients
Cette option sonnera le glas du système mafieux du franc CFA car si nous sortons de l’UEMOA, la parité entre le franc CFA BCEAO et le franc CFA BEAC sera difficilement tenable. La zone BEAC sera beaucoup plus puissante que la zone BCEAO donc ce déséquilibre fera certainement grincer des dents en Afrique centrale.
Il faut aussi prendre en compte le fait qu’une réussite de la Côte d’Ivoire emmènerait indubitablement le Cameroun à se poser des questions lui qui joue un peu le même rôle ingrat que la Côte d’Ivoire en zone BEAC.

- Le risque de non reconnaissance et de non convertibilité du futur franc ivoirien à l’extérieur.
En réalité c’est exactement le cas du franc CFA aujourd’hui. Il est impossible à un ivoirien de convertir les francs CFA directement en Euros ou quelque autres devises que ce soit dans un bureau de changes en Amérique, Asie, Europe et Océanie. La convertibilité réelle du franc CFA est donc une vue de l’esprit une fois sortie de la zone CFA. Les gens sont obligés de convertir les francs CFA dans les banques de la zone UEMOA dans la devise étrangère convoitée avant de voyager. Les plus chanceux utilisent des « traveller’s check ».
Nous pourrons donc continuer de faire de même avec le nouveau franc ivoirien sans aucun risque dans les banques exerçants en Côte d’Ivoire avant tout projet de voyage..
Pour nos échanges internationaux là aussi on fera comme d’habitude, on vendra en dollars et après on convertira sur place en Côte d’Ivoire.
Le risque de non reconnaissance internationale n’est donc pas une menace en soit.

2- Favoriser une nouvelle classe d’industriels et d’hommes d’affaires ivoiriens
Sur la longue et tumultueuse mais ô combien exaltante route de l’indépendance économique il y a une chose que les gouvernants doivent considérer avec attention. S’il est maintenant admis que l’état ne crée pas d’emplois mais plutôt les conditions de création massives de l’emploi par le privé, il convient de permettre l’émergence d’une race d’investisseurs et d’hommes d’affaires ivoiriens. Il faut créer de toutes pièces des centaines de Diagou, de Dossongui et autres pionniers du business ivoirien. Le gouvernement ivoirien doit donc réfléchir à la mise en place d’un équivalent du « small business act » américain afin de permettre à ceux qui bénéficieront des aides financières de la banque d’emploi et à toutes les autres petites entreprises d’accéder aux marchés publics de l’état de Côte d’Ivoire sur la base du rapport qualité/prix donc de critères objectifs. Cette partie fera très bientôt l’objet d’un article entier mais d’ores et déjà sachez que la réussite créera nécessairement des vocations d’hommes d’affaires en lieu et place de celles de fonctionnaires que le PDCI a crée. Ainsi l’ivoirien nouveau associera la réussite sociale à l’entrepreneuriat et non à la politique ou à l’occupation d’un poste de responsabilité dans l’administration publique.

Conclusion
La Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins. Poussée malgré elle à faire un choix cornélien : Voler enfin de ses propres ailes et donc se préparer à mener une guerre économique totale à la France au risque de voir cette dernière armer des bras africains pour l’entrainer dans une guerre militaire dévastatrice ou continuer comme avant dans le système françafricain et gagner la tranquillité des peuples soumis, assujettis et incroyablement exploités par la France.
L’histoire et les peuples africains épris de justice et de liberté nous regardent alors ils nous appartient de faire le bon choix.
J3A

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