Les constructeurs automobiles allemands s’étant autoproclamés leaders en nouvelles technologies, cela devenant embarrassant qu’environ une décennie après la sortie de la Toyota Prius, aucun d’eux ne présente un moteur hybride électrique. Mais avec les économies d’énergie et l’impact environnemental, soudain devenus des questions clé pour les acheteurs fortunés, Daimler est finalement sur le point d’entrer sur ce terrain.
En juin 2009, la compagnie lancera en Europe une version hybride de sa luxueuse Classe S, qui aux dires des ingénieurs consommera 7,9 litres d’essence aux 100 kilomètres. Le lancement est prévu aux États-Unis et en Chine en septembre, a annoncé Mercedes le 11 septembre dernier.
Le constructeur n’a pas encore établit de prix pour son yacht terrestre hybride, mais le directeur des Ventes et du Marketing Klaus Maier annonce que l’option coûterait moins de 10 000 dollars ou 14 000 dollars. Le prix de départ de la Classe S aux États-Unis est de 88 000 dollars, bien que le top du top V12 atteigne le prix étourdissant de 145 000 dollars.
Pourquoi une si grosse voiture
Les mauvaises langues diront que ceux qui se sentent concernés par le réchauffement climatique et par l’important transfert des richesses vers les pays producteurs de pétrole devraient s’acheter de plus petites voitures. Mais les directeurs de Mercedes ne pensent pas que leur clientèle de base ait atteint ce niveau de réflexion. « Tout le monde ne peut pas conduire une Smart » ironise Maier, « nous devons présenter des solutions pour les grosses cylindrées ».
Pourquoi la firme a-t-elle mis autant de temps à s’infiltrer sur le marché des moteurs hybrides ? Une des raisons est que Mercedes, aussi bien que BMW et Volkswagen, se sont focalisé sur l’amélioration et l’optimisation de leurs moteurs diesel. La Mini et la Série 1 de BMW rivalisent avec la Prius en matière de consommation au kilomètre et d’émissions de CO2. BMW annonce que sa ligne de Véhicules Utilitaires Sportifs (SUV) diesel appelée Blue Tec, lancée cet été aux États-Unis, représentait 20% de ses ventes de SUV dans ce pays, un pourcentage substantiel quand on apprend que les véhicules diesel représente seulement 4% du marché total.
D’un point de vue technique, le diesel est la meilleure technologie car il présente des caractéristiques comparables, en matière de consommation au kilométrage, à celles d’un moteur hybride, et parfois un kilométrage supérieur en conduite sur autoroute, avec un poids et une dépense plus légers. Mais le succès des Lexus hybrides montre que les consommateurs américains préfèrent les hybrides. « Selon Mercedes : si vous voulez sauver la planète, achetez un diesel » souligne Christoph Stürmer, analyste automobile chez Global Insight. « Ils ont raison à leur façon mais ont tort d’après le marché ».
La Classe S n’est pas un soi-disant hybride complet, elle peut rouler uniquement avec un accumulateur. Mieux, le moteur électrique complète le moteur de six cylindres et 279 chevaux, améliorant l’économie d’essence en procurant un nouvel essor pendant l’accélération. Le véhicule récupère aussi de l’énergie en freinant et la réintroduit dans la pile. De plus, Mercedes a inclus des innovations qui elle l’espère, la mettra hors compétition par rapport à ses concurrents japonais.
Un meilleur accumulateur
La plus grande innovation est l’accumulateur lithium-ion. Développé avec le fournisseur allemand de composants Continental, cet accumulateur est moins lourd et plus petit que ceux des concurrents. A peine plus large qu’une batterie classique, il tient sous le capot et n’empiète pas sur l’espace intérieur de la voiture. Ceci étant dit, les composants hybrides, moteur électrique compris ajoute à peine 75 kg supplémentaires au poids total de la voiture.
Cet accumulateur utilise les mêmes principes chimiques que ceux utilisés pour les ordinateurs et les téléphones portables, mais les dirigeants de Mercedes insistent sur le fait qu’il n’y a aucun danger de surchauffe. Dans l’hypothèse malheureuse que la batterie soit en surchauffe, le système s’arrêterait automatiquement, rassure Olivier Vollrath, directeur du projet Classe S hybride. Dans tous les cas, Vollrath indique que le système de gestion de l’énergie exclut tout problème de ce genre. « Vous pouvez être sûrs que les problèmes qui surviennent sur les ordinateurs portables, ne se poseront pas pour les voitures ».
En plus d’être plus efficace que celui des concurrents, ce moteur permet à Mercedes de maintenir son objectif de toujours, à savoir offrir un meilleur kilométrage sans pour autant sacrifier les performances et surtout le confort.
Suite au lancement de la Classe S, la compagnie a l’intention d’ajouter au moins un modèle hybride par an à sa gamme. « Nous devons nous assurer qu’en six ans, nos clients pourront conduire de grosses cylindrées sans sacrifices ni mauvaise conscience » ajoute Maier.
Jack Ewing traduction J. Lawson


