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Facebook se trouve un allié dans sa lutte contre Google

Publié le 12 August 2009

Le rachat de la startup FriendFeed recharge Facebook en munitions dans sa bataille non seulement contre Twitter mais aussi contre Google.
Après l’échec de la tentative d’achat de Twitter à l’automne dernier, Facebook s’est emparé du tout dernier site en vogue.
Le 10 aout 2009, Facebook a annoncé l’acquisition de FriendFeed, le site de réseau social fondé en 2008 par Bret Taylor et Jim Norris, deux anciens de Google. Cette transaction d’une valeur approximative de 50 millions de dollars (capitaux et actions) selon le Wall Street Journal, confère à Facebook une avance certaine sur la prochaine grande conquête du web : la recherche en temps réel.
Ce rachat a été perçu par un grand nombre d’observateurs comme une agression envers Twitter, un site qui comme FriendFeed, propose à ses usagers de la possibilité découvrir ce qui se dit sur un sujet lambda à n’importe quel moment. (Notons que Twitter a refusé une offre de rachat de 500 millions de dollars de la part de Facebook en novembre dernier). Cependant, les experts pensent qu’ils devront être parfaitement équipés afin d’être prêt pour une confrontation entre le roi des moteurs de recherche, ancien employeur de Taylor et Norris : Google. « D’un seul coup Facebook arrive à obtenir les deux superstars de Google » indique Robert Scoble, analyste web.
Les fondateurs de FriendFeed et leur équipe, pour la majorité des ex-Google, ont acquis leurs galons par la mise en place de Google Talk, Google maps, Gmail et autres services internet gratuits. Lors du lancement public de FriendFeed en février 2008, ils conçurent le service de manière à ce que les utilisateurs puissent organiser leur vie sociale sur le net, des mises à jour de Twitter aux albums photo de Facebook, en un seul et même endroit. Pour aider les utilisateurs à se retrouver dans toutes ces informations, ils développèrent également un moteur de recherche qui collecte des données en temps réel sur différents sites internet. Ce moteur permet également la recherche par mots-clés connus uniquement de quelques amis, ou encore la recherche « d’affiches » signalées avoir été appréciées par un certain nombre de personnes sur le site.
Ce moteur de recherche semble être la cible principale de Facebook. Pour le moment, le réseau social possède un moteur de recherche assez limité, il ne récupère que des données sur certaines pages de son propre site. « Ils pourraient inclure le moteur de FriendFeed dans Facebook et ce serait une grande victoire pour eux » affirme Scoble. Si le site réussit à construire un moteur de recherche aussi fascinant, de plus en plus de navigateurs se tourneraient vers Facebook pour leurs recherches plutôt que vers des moteurs plus généralistes tels que Google.

Renforcer les outils de recherche
Plus de recherches pourrait générer plus de profits à Facebook, critiqué pour son intérêt à augmenter le nombre de ses utilisateurs plutôt qu’à faire du chiffre. « Avoir une idée de ce que des consommateurs potentiels font sur 50 sites différents peut rendre particulièrement puissant » affirme David Berkowitz, directeur de 360i, une agence de marketing en ligne en plein essor. En comparaison, le moteur de recherche de Google n’a pas réellement servi à sa profession.
Le rachat de FriendFeed offre la possibilité d’affûter le moteur de recherche, cependant Facebook n’a pas encore dévoilé quels aspects du site seraient inclus au sien. « Nous n’avons pas encore eu l’occasion de parler franchement des changements à opérer sur le long terme » indique le porte-parole de Facebook, Larry Yu.
Un autre indice qui permet d’affirmer que Facebook veut renforcer son moteur de recherche est apparu le jour même de l’annonce du rachat de FriendFeed. Un nouvel outil permettra aux utilisateurs de chercher les informations mises en ligne par leurs amis au cours des 30 derniers jours. Il permettra également aux utilisateurs de rechercher des informations mises en ligne par des personnes n’appartenant pas à leur réseau, à condition bien sûr que ceux-ci aient choisi de rendre leur contenu public.
Ces derniers mois, Facebook a rajouté des contenus visant à inciter ses utilisateurs à rendre leurs informations publiques, et l’acquisition de FriendFeed en montre clairement le but, selon Jeremiah Owyang, analyste chez Forrester Research. « FriendFeed est publique, ce qui n’est pas le cas de Facebook. Nous espérons que Facebook continue sur cette voie et rende les profils publiques » ajoute t-il. Plus d’informations rendues publiques signifierait plus de données à rechercher, ce qui serait très apprécié des agences marketing.
Alors qu’une bataille avec Google est imminente, l’achat de Facebook a engendré un autre problème pour le site : comment empêcher les utilisateurs de FriendFeed de déserter. Ils n’ont apparemment pas l’intention de supprimer le site, mais de nombreux utilisateurs sont inquiets. « Si Facebook ferme FriendFeed, je rejoindrai un des nombreux autres réseaux sociaux existants » affirme Christopher Charabaruk, un utilisateur, informaticien de métier. « Et si je n’en trouve pas de satisfaisant, je participerai certainement à en créer un nouveau ».

Un article de Douglas MacMillan  Traduction Johanne Lawson

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