Guinée Bissau:
« Le 2 mars 2009, João Bernardo Vieira est tué dans sa résidence officielle par des hommes en armes, apparemment en représailles à l’explosion d’une bombe qui a tué le général en chef du pays Batista Tagme Na Waie. L’armée dément officiellement ces allégations après que des responsables militaires ont revendiqué la responsabilité de la mort de Vieira. »
Voici ce qu’on peut lire dans le paragraphe concernant l’assassinat d’un président démocratiquement élu par une bande de sauvages. Ils n’ont pas hésité à torturer un vieil homme de 69 ans à la machette avant de l’assassiner comme le dernier des braqueurs ou coupeurs de routes. Cet homme qui a lutté au péril de sa vie contre le colonisateur Portugais, ce vrai héros de la guerre de libération a été massacré comme un chien et ses assassins vaguent librement à leurs occupations dans le pays. Aucun africain digne de ce nom n’ose lever le petit doigt pour réclamer justice. Aucun chef d’état africain n’a daigné se déplacer pour honorer de sa présence les funérailles d’un de leur collègue pour certains et ami de longue date pour d’autres. Ils l’ont tué parce qu’ils voulaient venger la mort de leur chef d’état major. Ceux la même qui sont censés respecter et faire respecter les institutions de la république se sont fait justice sur la base d’une colère mal contenue et d’un mépris total de la morale humaine. Ils l’ont torturé, assassiné et souillé sa dépouille comme le dernier des malfrats et personne ne réclame justice, pas même ses ex pairs de l’union africaine. On lui fait même l’injure suprême de lui refuser la forteresse d’Amura, dans le carré des héros de l’indépendance, on l’empêche de reposer auprès d’autres grands combattants de la lutte de libération nationale. Lui le commandant dont l’intelligence et la bravoure a toujours été loué par tous. Vieira même s’il fut à un moment donné dictateur (encore faudrait il en définir la signification exacte dans cette Afrique post coloniale), a quand même été élu démocratiquement en 2005 comme le fut le Président Kérékou au Benin après un passé peu glorieux. Il n’y a qu’en Afrique que pareille bêtise peut avoir lieu. Il n’y a qu’en Afrique que les militaires peuvent se considérer au dessus des institutions en 2009 par la force des armes. Il n’y a qu’en Afrique que même aujourd’hui des soldats désœuvrés peuvent se permettre d’attenter à la vie d’un Président démocratiquement élu et éviter le peloton d’exécution. Si tout cela est encore possible c’est certainement parce que nous les élites africaines refusons de faire évoluer la mentalité de nos peuples……………………………………..
Madagascar
Depuis plusieurs semaines un drame est en train de se nouer au vu et au su du monde entier sans que personne ne s’en émeuve. Voici encore un pays africain où un Président (Marc Ravalomanana ) en exercice démocratiquement élu et réélu triomphalement par le suffrage universel direct voit son autorité bafouée sans que personne ne lève le petit doigt pour rappeler les anarchistes à l’ordre. Sous de fallacieux prétextes de mauvaise gouvernance, un ex dj devenu maire (Andry Rajoelina) d’Antananarivo se proclame en charge des affaires de l’état, organise des manifestations qui se transforment en scènes meurtrières de pillage, plonge un pays entier dans la crise et c’est au Président démocratiquement élu que l’on fait des reproches. C’est lui qui devient subitement responsable de la crise que vit son pays (déjà vu sous d’autres tropiques!!!!). Mieux le rebelle est protégé et élevé au rang de dignitaire, on le met sur le même piédestal que le chef de l’état que la communauté internationale oblige à négocier. Tout ceci se passe en Afrique en 2009 et personne ne s’insurge contre cette tentative de prise de pouvoir illégale.
Pour rendre le problème un peu plus délicat à résoudre voilà que l’armée (ahhh ces chères armées africaines !!!!!) se mêle au débat. Elle s’insurge, se mutine, se choisit un chef et défie celui qui est censé être son chef suprême en le menaçant de destitution sans que l’union africaine ne dise stop à la comédie. Encore une fois les intellectuels africains sont aux abonnés absents face aux dérives anti démocratiques qui veulent que l’on n’attende même plus les élections pour virer le Président en place. Il suffit de quelques centaines de partisans, quelques militaires peu enclins au respect de l’autorité et beaucoup de médias occidentaux (si ce n’était que ça seulement!!!!) pour décapiter un pouvoir. Avant on y allait aux grenades et autres kalachnikovs, aujourd’hui on utilise d’autres moyens pour tuer ou saper les bases même de la démocratie. Jusqu’à quand allons-nous donner un mauvais exemple aux autres ? Combien de temps encore allons nous crier au développement économique, au bien être des peuples si nous ne sommes pas capable de respecter nos institutions ? Où va nous mener cette route qu’on a délibérément choisi d’emprunter à nos risques et périls ? Quand est ce que le noir donnera t’il l’exemple d’un peuple civilisé et ambitieux ?
La réponse à ces questions nous incombe tous en tant qu’intellectuels africains. Il urge de réagir pour le bien être de ce continent berceau de l’humanité mais dernier en tout……….
Jean-André AHIPEAUD AHIPEAUD
PS : pour participer au débat envoyez vos articles à redaction@highprofilesnews.com


