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L’irresponsabilité sociale des entreprises

Publié le 29 July 2008

En dépit de la position du RP, la philanthropie des sociétés est à son niveau le plus bas depuis 25 ans. Pour parler plus sérieusement, les sociétés devraient promettre de donner 1% de leurs bénéfices avant impôt, nous disent Leo Hirley Jr. Et Curt Weeden

Un article de Leo Hirley Jr. et Curt Weeden traduit par Nathalie B

Lorsque les entreprises abandonnent leurs responsabilités sociales définies de façon générale ou font usage d’une manipulation pour se construire délibérément une image trop exagérée de la citoyenneté de leur entreprise, i l en résulte un secteur privé et une société civile déséquilibrés.

De nos jours, les fragments autoproduits fortement promus sont trop répandus, destinés à prouver à quel point les entreprises font face à leur responsabilité envers la société. Les publicités payées- qui agitent des banderoles pour affirmer que les sociétés abordent les problèmes du réchauffement climatique, de la restriction du coût des soins médicaux, ou améliorent le système éducatif- sont souvent des paravents destinés à cacher une double tendance : la diminution significative des contributions apportées par les entreprises aux associations caritatives.

UNE GENEROSITE ANEMIQUE

Il y a vingt-cinq ans, les entreprises attribuaient environ 2%, en moyenne, de leurs bénéfices avant impôts pour des dons et des subventions, selon un rapport publié par la Fondation Américaine des Dons et le Centre de l’Université de l’Indiana sur la Philanthropie. De nos jours, les sociétés sont environ trois fois moins généreuses. D’après une analyse de la déclaration des revenues annoncée par l’IRS (Internal Revenue Service) (ce qui bien sûr, n’a pas fait l’objet de battage médiatique) les retenues à but caritatif des entreprises avoisinent désormais en moyenne seulement 0.7% de leurs bénéfices avant impôts. (Ces chiffres ne tiennent pas en compte les heures supplémentaires des employés, puisque l’IRS ne permet pas aux entreprises de retenir ces dernières, même si ce sont des congés payés.)

Certes, mesurer la responsabilité sociale de l’ensemble des entreprises exige plus qu’une simple analyse des donations philanthropiques d’une société. Un comportement juste envers les employés, la production ou la vente de produits sécurisés, le paiement des impôts, et le respect des normes environnementales sont tous des ingrédients indispensables à la cuisson de la responsabilité sociale. Aussi importantes ces choses soient-elles, il n’ y a cependant pas plus important qu’un engagement, à l’échelle d’une société, à faire usage d’un pourcentage décent des ressources avant impôts de cette même société afin d’aborder des problèmes critiques qui affectent des employés, des communautés, la nation, et la planète.

Un engagement volontaire significatif de la part de la communauté des affaires est alors sérieusement nécessaire pour ‘casquer’ un budget minimum afin de contribuer à la philanthropie des sociétés. Une obligation raisonnable s’imposant à toute entreprise qui se définit comme ‘un bon citoyen d’entreprise’ devrait dépenser au moins 1% de ses bénéfices avant impôts de l’année précédente pour des fins philanthropiques.

BENEFICES NON-FINANCIERS

Cela pourrait paraitre une tâche décourageante, voire impossible, de convaincre les responsables des administrations d’augmenter plutôt que de réduire le budget à but philanthropique d’une société, surtout à un moment où l’image des profits de l’ensemble des entreprises est devenue si floue. Mais si les cadres comprennent qu’un programme de contribution géré efficacement peut donner à une entreprise de gros bénéfices, alors 1 % des bénéfices avant impôts devrait être à leurs yeux un investissement, non pas un don. Plutôt qu’une ‘taxe’ imposée d’elle -même, une contribution peut en vérité être gérée de façon à devenir un outil puissant. Cela arrive lorsque, dans des mesures raisonnables, les donations des sociétés sont versées à des associations à but non lucratif qui s’alignent sur les intérêts des employées de l’entreprise, des communautés, et sur les objectifs de la société. En même temps, la contribution d’une entreprise ne devrait pas être uniquement destinée à faire progresser les intérêts de cette entreprise. Si les contributions ont seulement pour but de soutenir le résultat financier, si elles sont utilisées pour choyer les projets des directeurs général ou ceux des membres de l’administration, ou si elles sont purement égoïstes dans leurs intentions, nous croyons qu’ils font défaut à la définition de ce que cela implique d’être considéré comme ayant un comportement digne de tout bon citoyen d’entreprise.

Cette proposition de claquer à pour objectif d’être la marche finale de l’échelle de citoyenneté d’entreprise. Les affaires qui sont ‘ les meilleurs de la classe’ dans le domaine de la philanthropie des entreprises a également besoin de gérer de manière stratégique des contributions qui dépassent les 1 % recommandés du bénéfice avant impôt. Certaines entreprises se sont déjà acquittées de cette limite maximale. A Minneapolis-St Paul, par exemple, plus de 150 sociétés (parmi lesquelles de grandes entreprises comme Target (TGT) et General Mills (GIS) donnent chaque jour au moins 5 % de leurs bénéfices avant impôts.(Révélation : en 1998, l’année précédant où Tele- Communications (TCI), dont j’étais le PDG, a fusionné pour former AT&T, TCI a fait une donation un peu plus importante que les 1 % de ses flux monétaires d’exploitation à des associations caritatives. Comme nos homologues qui travaillent dans l’industrie du câble, TCI a subi d’importantes pertes avant impôts à cause d’une dévalorisation et d’un amortissement.

Afin de renverser la tendance à la baisse des donations des entreprises, nous avons besoin d’un cadre de PDG motivés par eux-mêmes et sensibles afin de montrer la voie. Nous avons besoin d’hommes et de femmes qui joindront des actions à leurs paroles en effectuant des contributions caritatives d’entreprise, associées à des initiatives prises au sein de la communauté et qui sont soutenues par des ressources adéquates et au bon moment, plutôt que par ces petites querelles qui suivent les campagnes électorales et les communiqués de presse.

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