Catégorie | Investir

La réaction des analystes face aux annonces de la Réserve Fédérale américaine

Publié le 14 August 2009

Dr Kurt Karl, économiste en chef Amérique du nord, Swiss Re
Comme on pouvait s’y attendre, la Réserve Fédérale a maintenu ses taux et garde sa ligne de conduite jusqu’à l’an prochain. Avec un fort taux de chômage et une baisse du pouvoir d’achat, l’inflation ne devrait pas poser de problème particulier. La Réserve Fédérale a déjà prévu une sortie de crise et cela ne devrait pas poser problème non plus.

Paul Ashworth, économiste sénior, Capital Economics
Comme on pouvait s’y attendre, la Réserve Fédérale américaine n’a pas suivi les recommandations de la banque d’Angleterre et a annoncé la poursuite de son programme de redressement. La grande différence réside dans le fait que la Banque d’Angleterre a déjà en sa possession la plupart des actifs qu’elle avait promis racheter, alors que la Réserve Fédérale peine à honorer ses engagements. Par exemple, elle n’a racheté que la moitié des titres immobiliers adossés à des emprunts (d’une valeur de 1250 millions de dollars) qu’elle visait. Il faut en convenir, La Fed a également racheté la quasi-totalité des titres du Trésor qu’elle avait promis acquérir. Ce rachat relativement faible de 300 milliards de dollars est toujours mieux qu’une promesse en l’air. La réunion du Comité en juin dernier laisse entendre que les responsables ont préféré en acheter peu car cela aurait eu moins d’impact sur le rendement alors qu’un achat plus grand aurait été perçu comme une volonté de « monétiser » le déficit du budget.
Aujourd’hui le Comité a décidé de ralentir progressivement le rythme de ces transactions et prévoit que le montant total prévu sera acheté d’ici à la fin du mois d’octobre. Ce ralentissement intervient probablement pour éviter un choc sur les marchés qui pourrait avoir lieu avec un arrêt brusque.
Sans surprise, cela redonne un léger coup de fouet à l’économie, ce qui suggère une reprise de l’activité et pas seulement un simple changement de rythme. Le Comité entend maintenir ses taux fédéraux au plus bas sur une période prolongée. On pourrait donc croire que la Fed espère voir le taux de chômage non seulement repartir légèrement à la hausse mais aussi commencer à reculer avant la mise en place d’une politique plus dure. Dans de telles circonstances les taux ne devraient pas augmenter avant 2011.
La Fed a revalorisé ses avoirs comme prévu, mais n’exclut pas pour autant une longue convalescence du système. Et cette affirmation empêche pour le moment les responsables de tenir une place trop importante dans la voie vers la normalisation ; cependant la Fed n’est pas prête à ouvrir les vannes par peur d’être tenue pour responsable au cas où l’économie retomberait en récession. De ce fait la Fed souhaitait mettre en place un système « gagnant-gagnant » avec les marchés à court terme et cela a fonctionné jusqu’ici. Elle a également prolongé le délai d’achat des titres du Trésor avec comme date butoir la fin du mois d’octobre (au lieu de fin septembre) comme annoncé en mars dernier.
Le Comité demeure particulièrement attentif aux effets liés aux pertes d’emplois, à la baisse des prix du logement et au resserrement sur le marché du crédit ainsi qu’à la réduction des investissements des entreprises.

Traduction Johanne Lawson

Repondre à cet Article