Les malheurs économiques conduisent à des mises a pieds dans certains secteurs, mais cette fois les avis de licenciements se répandront partout.Lorsque les bulles des sociétés point-com et du logement avaient éclaté, il avait été facile de voir quels types d’emplois disparaîtraient. Mais actuellement, puisque les créanciers inquiets se recroquevillent et n’accordent plus de prêts, pratiquement tous les secteurs sont susceptibles d’être touchés dans le très prochain ralentissement voué à commencer cet automne. Presque toutes les entreprises reposent sur les crédits pour fonctionner, tout comme elles ont besoin que les clients aient du pouvoir d’achat.
Avec les prêt coupés, les entreprises et les consommateurs se serrant la ceinture, les emplois seront réduits dans un large éventail de secteurs économiques, du secteur des technologies de pointe à celui des banques d’investissement en passant par celui des industries de fabrication.
Selon un rapport du 20 octobre dernier publié par le département du travail aux États-Unis, les 4 semaines de moyenne mobile pour la durée de chômage représentent le plus haut pic depuis sept ans. Le nombre moyen de nouvelles demandes de chômage est passé à 483.250 pour la semaine du 11 octobre, chiffre le plus élevé depuis 2001. Le taux de chômage du mois de septembre est resté constant à 6,1%, mais les économistes prévoient une forte dégradation dans les mois à venir.
Les moins performants sont vulnérables
« C’est une récession qui respecte l’égalité des chances, » explique Cathy Paige, vice-présidente de ManPower, société de travail temporaire qui connaît un ramollissement de la demande de ses clients. « Tout le monde le ressent. »
Dans n’importe quel secteur, les travailleurs les plus vulnérables aux mises à pied sont « les moins performants », affirme Nancy Albertini, présidente de Albertini Group, un cabinet de recrutement basé à Dallas. « Les entreprises vont dire, ‘Nous voulions éliminer ceux-là’. », dit-elle. Après avoir éjecté le personnel à faible performance, les entreprises licencieront au sein des fonctions qu’elles ne considèrent pas comme essentielles telles que le marketing, la communication et les ressources humaines. « Après ces catégories, chaque poste sera, selon le secteur d’activité, une cible légitime », dit Albertini. Ce qui a commencé dans le secteur financier avec les échecs de la Bear Stearns puis de Lehman Brothers, est en train de s’étendre à d’autres secteurs. Le logement, bien sûr, mais la technologie aussi n’est plus à l’abri, et les marques de consommation ont commencé l’abattage de leurs employés.
Silicon Valley a déjà fait une vague d’annonces. Yahoo devrait annoncer des suppressions d’emplois cette semaine, peut-être au moment de l’annonce de ses résultats trimestriels. Yahoo a déjà supprimé 1000 postes en janvier dernier. Un peu plus tôt ce mois-ci, eBay a annoncé le licenciement de 10% de ses 16000 travailleurs. Le mois dernier, la société Hewlett-Packard a annoncé qu’elle licencierait 24600 travailleurs au cours des trois prochaines années, mais elle prévoit d’en embaucher 12300 dans le cadre de sa restructuration, depuis l’achat de Electronic Data Systems en août. Pendant ce temps, Google a réduit le nombre de ses prestataires mais reste en expansion dans d’autres domaines.
L’immobilier en ligne prend un coup
Les sociétés d’immobilier en ligne, qui ont connu une forte croissance alors que les prix des maisons baissent, disent qu’elles sont également contraintes de réduire leur personnel. Zillow, le site Web d’évaluation immobilière a annoncé le 17 octobre dernier qu’il réduirait ses effectifs de 25%, soit 40 postes, en se justifiant par la récession. « Une des raisons qui fait que c’est si difficile est que l’entreprise continue de croître », a déclaré Rich Barton, PDG de Zillow dans une note affichée sur le site Web de la société.
Le 13 octobre dernier, Redfin, société de courtage immobilier en ligne, a annoncé une réduction de 20% de ses effectifs car ses affaires ont pris en coup ce mois-ci. « Octobre ne sera pas trop mal mais nous nous dirigeons vers une profonde abîme », a écrit Glenn Kelman, PDG de Redfin, sur le blog de la société.
Tandis que les distributeurs bon marché comme Wal-Mart Stores devraient réussir à surmonter la crise pendant la période des fêtes, les magasins spécialisés ne devraient pas s’en sortir pas aussi bien puisque les consommateurs sont confrontés à la montée du chômage et à la chute de la valeur des maisons.La société Circuit City, affaiblie depuis un moment envisage des suppressions d’emplois et la fermeture de 150 magasins pour conserver de la liquidité, a rapporté le Wall Street Journal le 20 octobre dernier.
La baisse de consommation des denrées alimentaires
Un porte-parole de Circuit City s’est refusé à tout commentaire sur ce qu’il appelle « les rumeurs ». La société Best Buy, détaillant concurrent en électronique, qui recrute généralement des ressources supplémentaires pendant les fêtes de fin d’année, prévoit cette année de réduire les embauches saisonnières ; ce qui ne représente pas moins de 10000 emplois. Le secteur du divertissement taille également dans son personnel; la société Playboy Enterprises a annoncé le 15 octobre dernier qu’elle allait fermer son département DVD, entraînant la perte de 80 emplois.
Les consommateurs se restreignent même sur les achats essentiels comme les produits alimentaires. Le 14 octobre dernier, PepsiCo, plus grand fabricant mondial de casse-croûte, annonce qu’il va supprimer 3300 emplois après une baisse de ses bénéfices du troisième trimestre. La société a également revu à la baisse ses prévisions pour le reste de l’année. Elle ferme six usines et réduit ses effectifs au sein des postes en doublons et des fonctions de vente. Richard Goodman, le PDG, a déclaré lors d’une téléconférence avec des analystes que les actions PepsiCo se sont dépréciées de 25% depuis le début de l’année.
Les industries et entreprises de fabrications réduisent également leurs effectifs. La société Smurfit-Stone Container, qui fabrique des produits d’emballage en papier et en carton, a annoncé le 20 octobre dernier, qu’elle fermera une usine de pâte à papier au Québec d’ici la fin du mois, entraînant la perte de 218 emplois. Danaher, le fabricant d’outils professionnels pour artisans, ferme une douzaine d’implantations et licencie 1000 travailleurs. General Motors a annoncé clôturer ses implantations dans le Michigan, le Wisconsin et le Delaware. Cela coûtera plus de 4000 emplois, et plus si l’entreprise finalise sa transaction pour acquérir Chrysler.
La santé est un rayon de lumière
Existe-t-il un rayon de lumière dans le sombre horizon du marché du travail? « S’il y a des obstacles, nous pouvons compter sur les soins de santé et l’énergie », explique John Challenger, PDG de Challenger Gray & Christmas, agence de placement basée à Chicago. « La demande ne va pas se volatiliser. » Mais il a ajouté que même les perspectives pour ces secteurs dépendront de l’efficacité des différents gouvernements dans leurs efforts pour soutenir l’économie. « En tout état de cause », dit Challenger, « cela va empirer avant de s’améliorer. »
Moira Herbst traduction L. Traoré


April 4th, 2009 at 5:57 pm
Oui Tom et que pourront faire les syndicats ? Pas grand chose je pense… Le pire dans tout cela, c’est qu’elle est bien présente cette épidémie et que l’on a toujours pas le remède ! Tout cela risque de traîner en longueur.