Catégorie | Société

Les meilleurs lycées américains

Publié le 03 February 2009

Voici une observation état par état des lycées américains ayant les meilleurs taux de réussite. Votre enfant y est-il ou elle déjà scolarisé(e) ?

<br />

 

Par Prashant Gopal traduction N. Bougeant

Kimberly Lynch, une élève rousse aux taches de rousseurs, portait un grand intérêt à l’écran total. Elle en était si passionnée qu’elle a passé toute l’année dernière à mettre au point une nouvelle méthode permettant de tester l’efficacité des crèmes solaires et elle a récemment soumis ses résultats à un journal spécialisé dans le domaine médical.
Cette élève de 17 ans, inscrite en terminale aux Bergen Academies (ou académies Bergen en français) à Hackensack, dans le New Jersey, est bien plus jeune que la plupart des scientifiques qui remettent leurs rapports à des journaux accrédités et consacrés à la médecine. Mais voilà : le lycée dans lequel Lynch est inscrite n’est pas comme les autres.
Les académies Bergen, un lycée décernant un diplôme à ses élèves au bout de quatre ans, propose à ses élèves sept matières de spécialisation, dont les sciences, la médecine, les arts culinaires, le commerce et la finance, ou encore l’ingénierie. Cet établissement possède même son propre laboratoire de cellules souches, où Lynch a validé ses expériences, sous la direction du professeur de biologie Robert Pergolizzi, un ancien professeur adjoint en médecine génétique à l’Université Cornell, dans l’état de New York.

UN LABORATOIRE DE NANOTECHNOLOGIE
Le laboratoire de cellules souches, où les élèves étudient des cellules souches d’humains adultes et de souris, ainsi que le laboratoire de nanotechnologie situé dans le hall et où l’on peut se servir d’un microscope à balayage électronique, sont dotés d’un équipement à la pointe de la technologie d’une valeur de centaines de milliers de dollars.
« J’ai effectué plusieurs stages dans différents laboratoires de cette région, mais aucun d’entre eux n’était pourvu de l’équipement dont nous bénéficions ici, » nous a confié Lynch.
Selon une nouvelle classification des lycées américains, état par état, établie par l’organisme de recherche basé à San Francisco GreatSchools pour le magazine BusinessWeek, les académies Bergen, dont chacune procède aux admissions en se basant sur des critères très stricts, forment, parmi l’ensemble des académies du New Jersey, le meilleur lycée public de l’état (si l’on prend en compte les résultats obtenus par les étudiants de cet état dans des matières telles que les mathématiques, la lecture, et les sciences). Pour chaque état, nous avons également repéré le lycée dans lequel les élèves ont le mieux amélioré leurs résultats, celui qui offre les meilleurs services à des étudiants issus de familles aux revenus restreints, et enfin les lycées publics et privés qui ont été les mieux notés par des internautes du site de GreatSchools.
Mais la concurrence est rude pour les académies Bergen. En effet, la liste de ses lycées rivaux inclut l’élite des lycées publics d’Amérique, notamment le Stuyvesant High School à new York, le Gretchen Whitney High School à Cerritos, en Californie, ainsi que le Thomas Jefferson High School à Alexandria, en Virginie, que beaucoup considèrent comme étant le meilleur lycée publique américain.
Il n’est pas surprenant que beaucoup des lycées figurant sur cette liste sont soit des écoles à charte, soit des établissements situés dans des pôles d’attraction, qui procèdent souvent aux admissions en se basant sur des exigences précises et dans lesquels s’engagent de nombreux parents d’élèves, explique Bill Jackson, président et fondateur de GreatSchools, un organisme à but non lucratif qui classe les écoles et met à la disposition des parents un forum internet. (Cliquez ici pour plus d’informations sur Bill Jackson et la mission de GreatSchools.) Cependant, ce classement comprend aussi de nombreux lycées traditionnels.
Jackson a affirmé que ce classement est un bon point de départ pour les parents. En effet, ils pourraient, après avoir consulté cette classification, envisager de déménager dans un quartier où se situe l’un de ces lycées, et faire en sorte que leur enfant puisse prendre un moyen de transport afin de se rendre dans un des lycées figurant sur la liste, a-t-il ajouté.
Évidemment, beaucoup d’excellents lycées ne sont pas sur la liste ; et du fait que le critère principal pour y figurer se base sur les résultats obtenus à des contrôles, la liste n’a pas pris en compte les options proposées par certains établissements, comme les beaux arts ou des programmes sportifs. Néanmoins, si vous constatez des résultats médiocres obtenus au lycée où est inscrit(e) votre enfant, il est important de s’en apercevoir et de demander au corps enseignant de cet établissement quelles mesures il adopte afin d’améliorer les résultats des élèves, conseille Jackson.
« Cette démarche peut aider certains parents à savoir comment ils peuvent scolariser leur enfant dans un meilleur établissement, poursuit Jackson. Parfois, cela implique qu’ils doivent déménager…Dans les zones urbaines, il y a un nombre croissant d’écoles à charte ainsi que de programmes offerts par les quartiers, permettant ainsi aux parents de faire leur choix. » En général, les écoles à charte sont ouvertes à tout élève résident dans une zone géographique précise. Les établissements situés dans des pôles d’attraction ont des exigences supplémentaires concernant l’admission des élèves.
Les académies du comté de Bergen a choisi ses 1100 étudiants issus de banlieues du comté, et les critères d’admission incluent un examen d’entrée ainsi qu’un entretien.
« Les services proposés dans nos sept académies donnent un caractère unique à ce lycée, a déclaré la proviseur Daniel Jaye. Notre programme théâtral ajoute de la douceur à l’académie d’ingénierie. La confluence des communautés est superbe. »
Les lycées tels que les académies du comté de Bergen ont l’avantage d’attirer les meilleurs étudiants issus d’une région relativement riche. Mais tous les meilleurs lycées n’entrent pas dans le moule.
Dans l’Oklahoma, il se trouve que le lycée accordant, dans l’ensemble, les meilleurs résultats à ses élèves est aussi celui qui scolarise le plus d’étudiants issus de familles aux revenus restreints. Malgré les barrières géographiques, 100% des étudiants inscrits à la Dove Science Academy – une école publique à charte fréquentée par des élèves allant de la sixième à la terminale et située à Oklahoma City – ont été admis à la faculté l’année dernière. Les résultats que les élèves y ont obtenus aux contrôles ont été les meilleurs de l’état.
Environ 90% des 481 élèves scolarisés à la Dove Science Academy ont le droit de déjeuner à la cantine gratuitement ou moyennant peu de frais, et 60% d’entre eux sont issus de familles dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, nous a révélé Marc Julian, le proviseur adjoint et doyen de l’établissement.
Le lycée, qui a été fondé par un groupe d’éducateurs au cours de l’année scolaire 2001-2002 dans un ancien immeuble de bureaux situé dans une rue très fréquentée d’Oklahoma City, se base sur des principes très stricts qui s’appliquent tant aux étudiants qu’aux professeurs. Les étudiants portent des uniformes, et l’établissement met clairement l’accent sur les études. Chaque jour, les étudiants ont deux, voire trois heures de devoirs à faire chez eux. De plus, ce lycée n’est pourvue ni de ROTC (Reserve Officers and Training Corps, une organisation militaire chargée de l’entrainement des officiers de réserve des forces armées des États-Unis), ni d’équipe de football américain (il a commencé à proposer une faculté de football et de basketball lors de ces dernières années seulement).
Dans ce lycée, on demande aux jeunes gens de rester une heure de plus chaque soir, et (si cela s’avère nécessaire) de venir le samedi si toutefois ils échouaient aux tests de pratique qu’ils passent chaque mois en vue de préparer les examens qui évaluent tous les élèves de l’état.
L’admission se fait en procédant à une loterie et, à l’inverse de la plupart des autres lycées les mieux classés dans la liste, ne nécessite aucun test d’admission. Les meilleurs élèves sont récompensés par un voyage annuel en Europe et en Turquie, qu’ils paient seulement quelques centaines de dollars.
Les salaires des professeurs sont basés sur leur mérite et non sur des échelles des salaires (il n’y a pas non plus de syndicat).
Le major de cette année, Jason Lugo, un étudiant de 17 ans, a avoué que son succès avait beaucoup à voir avec le dévouement de ces professeurs qui s’étaient rendus chez lui (même pendant les weekends) pour lui accorder gratuitement un cours particulier sur la table de sa cuisine. Lugo, fils d’immigrés mexicains, sera le premier membre de sa famille à fréquenter une faculté. Son père travaille dans un pressing et sa mère dans une chaîne de montage de climatiseurs.
Une fois à la faculté, il envisage de se spécialiser dans la finance et les affaires internationales, et de prendre une seconde spécialisation en sciences politiques, puis de s’installer en tant que conseiller en finance. Après quoi, il espère embrasser une carrière politique.
« Peut-être que je serai le premier président hispanique des États-Unis, suggère Lugo. Barack Obama y est parvenu, non ? Alors tout le monde peut y arriver désormais. »

Comments are closed.