Le constructeur de puce a révélé ses résultats du 3è trimestre. Mais ce qui a vraiment étonné les investisseurs c’est l’ampleur des ventes. Les consommateurs fauchés devront faire l’impasse sur leurs vacances cette année, mais on ne l’aurait pas appris au travers des résultats publiés le 14 octobre 2008 par Intel. La compagnie de technologie a publié une surprenante hausse de ses ventes prévisionnelles pour le reste de l’année après avoir annoncé des recettes record pour le troisième trimestre 2008. Basée à Santa Clara (Californie), Intel, le plus gros fabricant de puces et circuits électroniques, prévoit des ventes prévisionnelles entre 10,1 et 10,9 milliards de dollars, ce qui est en accord avec les prévisions des analystes (10.7 milliards) pour le trimestre en cours.
Les bénéfices du troisième trimestre prouvent également une certaine endurance. Le bénéfice net a grimpé de 12% ce qui représente 2,01 milliards de dollars soit 35 centimes par action, alors qu’un an plus tôt le bénéfice était de 1,86 milliards de dollars soit 31 centimes par action.
Maintenue par les ordinateurs portables
Paul Otellini, PDG d’Intel affirme que son entreprise ressent les prémices d’une baisse de la consommation ainsi qu’une baisse des commandes de ses revendeurs. Il affirme également que « la crise financière tend à créer un état de stress…mais qui reste à quantifier ». Il ajouta également que la quantité d’invendus restait raisonnable et que la compagnie bénéficiait de la demande croissante d’ordinateurs portables et de netbooks, en fait des notebooks destinés principalement à surfer sur le net.
Les commentaires et les prévisions du quatrième trimestre ont réussi à rassurer les investisseurs qui se sont senti de plus en plus concernés à cause des résultats décevants de la chaine de distribution et par la chute des marchés boursiers ces dernières semaines qui auguraient d’une baisse de la demande d’ordinateurs et donc des processeurs qui les équiperaient. Les actions d’Intel, alors que le Nasdaq reculait ces derniers jours, a fait un bond de 6,7% soit 16,99 dollars l’action.
Certains analystes se demandent si Intel n’a pas été trop optimiste, étant donné qu’on ne sait pas combien de temps la crise va durer. « Pour le moment, Intel est No 1 et fait partie des entreprises de technologies à même de supporter la tourmente » répond Avi Cohen, analyste chez Avian Securities. « Le fait qu’ils maintiennent ces chiffres ou pas dépendra de comment ils gèreront ». Otellini affirme que sa compagnie est en bonne santé financièrement parlant car elle s’est fixé pour objectif d’améliorer son rendement au cours des deux dernières années, supprimant de fait 20 000 emplois de par le monde, économisant ainsi 3 milliards de dollars. La compagnie possède également 12 milliards de dollars en liquidités et de faibles dettes. « Nous avons effectué un grand nombre de changements qui nous ont préparé à la crise » indique Otellini.
Intel contre AMD
Intel semble plus préservé des malheurs économiques comparé à ses concurrents à cause de ses énormes parts sur le marché des processeurs pour notebooks en constante progression, un secteur où son rival Advanced Micro Devices (AMD) a lutté pour rivaliser.
Ce fabriquant, plus modeste, s’est vu ralenti par ses dettes et par sa volonté de racheter son rival ATI et a été distraite par de grandes restructurations qui ont eu pour conséquence la cession de son pôle fabrication.
Le paysage de la technologie se dessine rapidement entre d’une part les riches qui demeurent optimistes à propos de leurs perspectives et d’autre part les pauvres qui restent sujets aux aléas économiques. Le PDG de Cisco Systems, John Chambers, lors d’une conférence le 14 octobre dernier en Floride, annonçait que sa compagnie ne prévoyait aucune réduction de frais ou d’effectif. Les dirigeants d’Hewlett-Packard espèrent également pouvoir maintenir le cap ce trimestre. Les résultats chez IBM restent en hausse. Au contraire, Dell et SAP qui sont plus vulnérables, ont connu des jours meilleurs.
Otellini note que contrairement à ce qui s’est passé lors de la crise de l’internet il y a quelques années (crise qui a considérablement réduit les bénéfices des entreprises de technologie), les marchés émergents tels que la Chine demeure relativement forts. En période de déclin, toutes les compagnies du monde cherchent à réduire leurs coûts et de ce fait, sont à la recherche des dernières innovations technologiques qui le leur permettra. « La technologie se portera bien durant cette crise tout simplement parce que nous fournissons des moyens aux autres d’augmenter leur productivité » affirme t-il.
Les investisseurs n’attendront pas la publication des résultats du quatrième trimestre en Janvier pour se rendre compte de la véracité des propos d’Otellini. Intel a programmé une mise à jour de ses chiffres en décembre (la première en plein trimestre depuis plus d’un an) pour présenter une appréciation plus claire du marché.
Cliff Edwards traduction J. Lawson

