Néanmoins, des chiffres annoncés par le site Web PayScale suggèrent que le niveau des salaires pourrait baisser cette année. Autre domaine en déclin : les bonus.
Par Douglas MacMillan traduction N. BOUGEANT
Même si les employeurs des entreprises informatiques réduisent leurs effectifs afin de résister à la récession, les salaires de ceux qui restent employés dans le domaine de l’informatique semblent augmenter.
Les salaires rémunérant les métiers de l’informatique sont en hausse dans les sociétés qui licencient du personnel puisque les salariés qui gardent leurs emplois « occupent souvent des postes supérieurs qui coûtent un peu plus cher aux employeurs » et qui effectuent des journées plus longues, constate Al Lee, directeur de l’analyse quantitative chez PayScale, un site Web qui rassemble des données sur les salaires. « Je ne m’aventurerai pas à présager une tendance à la baisse du salaire de ces emplois ». PayScale a révélé ses informations exclusivement à BusinessWeek.com.
D’après PayScale, dont les analyses se basent sur les données enregistrées sur le site en 2008, les salariés des informaticiens sont tout particulièrement élevés dans des grandes villes telles que Londres et San Francisco, où les grands noms de l’informatique emploient une plus grande proportion d’effectifs. PayScale indique que les salariés des principaux centres informatiques exigent des rémunérations qui en moyenne sont plus élevés de 33% que le salaire médian américain.
LA VALLÉE DOMINE TOUJOURS
Parmi les cinq marchés américains étudiés par PayScale, San Francisco a dépassé les autres villes dans une liste établissant les salaires moyens dans chacune des dix fonctions citées, y compris celles de concepteur de logiciels et de chef de projet informatique. Dans la région de la baie de San Francisco, où sont implantés des géants de l’internet comme Google (GOOG) et des fabricants d’ordinateurs tels qu’Apple (APPL), les directeurs de conception de logiciels occupaient le rang le plus élevé en matière de salaire, le leur s’élevant à 136 000 $ par an. Les métiers de l’informatique les moins bien rémunérés à San Francisco sont ceux des spécialistes du service d’assistance, qui gagnent 53 300 $ par an, nous révèle PayScale.
En dehors de la Silicon Valley, les salaires tendent à s’ajuster aux demandes dans les industries locales. À Seattle, ville où sont établies des entreprises telles que Microsoft (MSFT) et Amazon.com (AMZN), les concepteurs de logiciels gagnent en moyenne 88 400 $, soit un salaire plus élevé que dans la plupart des autres villes.
Selon Lee, il est possible que les salaires consultables sur PayScale ne restent pas aussi élevés dans les mois à venir, car des salariés licenciés trouvent un nouvel emploi dans l’informatique, et dans certains cas leur nouveau salaire est inférieur à celui dont ils bénéficiaient autrefois. « Je m’attends à ce que les augmentations annuelles de salaires soient bien plus modestes » l’an prochain, poursuit-il. Selon PayScale, les augmentations de salaires sont également minorées du fait d’un déclin considérable de l’importance des bonus et affiché sur le site.
DE PLUS EN PLUS DE POSTE GOUVERNEMENTAUX
Dans l’ensemble, les nouvelles affectations de postes ont baissé d’environ 35% par rapport à celles indiquées l’année dernière sur Dice, un site Web qui traite des fonctions liées à la technologie sur tout le territoire américain. Selon Tom Silver, le directeur principal du marketing de Dice, les nouvelles affectations de postes dans la région de la Silicon Valley ont chuté de près de 50% depuis janvier 2008, s’élevant à 2 700.
L’un des marchés non étudiés par le site PayScale est en accord avec les informations révélées par Dice. Dans le couloir Washington-Baltimore, les nouvelles affectations de postes se sont stabilisées à environ 7 400, atteignant ainsi approximativement le même niveau qu’il y a un an. « Ce constat est dû à l’augmentation du nombre de postes gouvernementaux ou liés aux affaires gouvernementales » dans le domaine de l’informatique, relate Silver.
En dehors des États-Unis, PayScale a repéré de nettes différences dans les salaires des métiers de l’informatique. Parmi cinq des marchés où l’informatique occupe une place importante (Londres, Sydney, Singapour et Bangalore), celui où les salaires sont les plus élevés est Londres. Dans cette ville, les chefs de projet informatique gagnent 107 000 $ par an, leur salaire étant ainsi 30% plus élevé que le salaire médian américain pour le même poste.
Parallèlement, à Bangalore, en Inde, un spécialiste du service d’assistance reçoit un salaire annuel de seulement 10 700 $, soit près d’un quart du salaire annuel moyen d’un américain occupant le même poste.
LES SOMMES SONT RELATIVES
Évidemment, les demandeurs d’emploi dans l’informatique ne doivent pas uniquement prendre en compte le salaire qu’ils seront susceptibles de gagner lorsqu’ils décident de l’endroit où ils vont s’installer. Dans les moments difficiles, il est tout particulièrement important de prendre également en considération le coût de la vie dans une grande ville. L’équipe de PayScale a remarqué que le salaire médian des professionnels de l’informatique expérimentés et vivant à Austin, au Texas, est ajusté au coût de la vie dans cette ville, puisque un pouvoir d’achat d’environ 90 cents à Austin équivaut à un pouvoir d’achat d’en moyenne 1$ dans les autres villes américaines. Si l’on établie une comparaison, les habitants de San Francisco paient 1,74 $ un produit que le reste des américains obtiendraient pour seulement 1$.
Partir d’une région où les salaires sont bas pour s’installer dans une autre où les salariés sont mieux payés peut parfois être défavorables pour les employés. Charles Geoly, gérant de l’entreprise de recrutement de cadres Russel Reynolds, explique que « si une personne qui habite en Arizona, un état plutôt gravement touché par le déclin économique, est recruté(e) à Boston, une ville qui n’est pas aussi affectée, la baisse relative de la valeur de ses gains est contrebalancée par le coût élevé de la vie pour l’employé(e). » De façon générale, Geoly affirme que la demande en services offerts par son entreprise a baissé en 2008, mais les employeurs des sociétés souhaitent toujours payer presque autant leurs salariés qu’autrefois afin que ce soient les meilleurs candidats qui occupent les postes les plus importants.
Même pendant une récession, la relativité des salaires est moins importante aux yeux de certains demandeurs d’emplois que de décrocher un poste intéressant. Aux dires de Lee du site PayScale, les concepteurs de logiciels qui mettent au point des jeux vidéo au sein d’une start-up sont susceptibles d’être moins bien payés que quelqu’un qui, par exemple, conçoit un système de fiche de paie dans un grand groupe. « Beaucoup d’employeurs des sociétés qui mettent au point des jeux vidéo tendent à payer un peu moins que ceux des grandes entreprises telles qu’IBM (IBM), indique Lee, la plupart du temps parce que c’est le genre de domaine dont les gens souhaiteraient vraiment faire partie. »

