Par Hannah Elliott traduit N. BOUGEANT
Cependant, ne vous attendez pas à ce que Mercedes figure bientôt dans la liste des groupes automobiles que Washington va renflouer.
DÉTROIT - Quelle est la ressemblance entre une Porsche et une Ford ? C’est simple : aucune d’entre elles ne se vend bien actuellement.
Tout comme leurs homologues au sein des marchés en déclin, les marques de voiture de luxe souffrent. En 2008, les ventes américaines de véhicules de marque Porsche (Nasdaq OTC et autres : PSEPF. PK - news - people) ont chuté de 25,2% et celles de marque Maybach de 32,6%, tandis que les ventes des Lamborghini ont baissé de 21% et celles des Mercedes, de 11,5%. Quant à l’entreprise BMW, elle a vendu 9,7% de véhicules en moins en Amérique que l’an dernier.
Cependant, ne vous attendez pas à ce que ces groupes automobiles figurent bientôt parmi ceux que Washington viendra renflouer. Ernst Lieb, le président et PDG de Mercedes-Benz États-Unis, annonce que son entreprise va continuer à concevoir et commercialiser de nouveaux modèles qui suscitent l’enthousiasme à propos de la marque et encouragent des gens à aller les voir dans des expositions, ne serait-ce que pour rêver. Le groupe Mercedes a présenté sa berline E-Class 2010 au Salon de l’Automobile à Détroit, tandis que certaines de ses entreprises rivales, comme Rolls Royce et Porsche, n’y ont pas exposé leurs véhicules.
« Nous n’allons pas tout laisser tomber, déclare Lieb. Si j’arrive aujourd’hui à trouver un client intéressé par l’une de nos voitures, c’est bon signe, parce cela signifie que dans trois jours, au moment où il sera prêt à acheter ce véhicule, il le fera. »
Suivre les lignes du luxe
D’autres groupes prennent la suite : BMW présente son cabriolet Z4 2010, Lexus révèle l’hybride HS250 2010 et Cadillac expose son concept Converj et son crossover SRX 2010. Et tandis que des marques telles que Mercedes et BMW ont conformé leur quantité de production dans leurs usines du monde entier aux circonstances actuelles, Lieb pense qu’il est « prématuré » de modifier tout leur plan d’opération.
« Il s’agit avant tout d’un investissement dans le futur, ajoute-il. On ne peut pas se contenter de dire ‘Oh, zut, nous faisons face à une récession et tout s’effondre !’…La façon la plus sûre d’inciter des clients à acheter, c’est de concevoir de nouveaux produits. »
En réalité, les actions de Mercedes ont augmenté de 0,1% l’an dernier, alors que le marché automobile américain s’affaiblissait. De mêmes scénarios se sont produits pour les marques Audi et BMW. Aux dires de Jim O’Donnell, le président du groupe BMW en Amérique du Nord, il reste toujours des opportunités à saisir. Cette année, son entreprise se concentrera sur des marchés en expansion tels que la Belgique, le Canada, l’Inde et la Russie.
Stuart McCullough, un membre du Conseil de Bentley Motors, a indiqué que sa société adopte une stratégie similaire, retirant ses véhicules du marché automobile américain en déclin pour les commercialiser dans des secteurs en expansion, en Chine ainsi qu’au Moyen Orient. L’année dernière, les ventes de Bentley ont augmenté de 53% en Chine et de 18% au Moyen Orient, bien que ses ventes mondiales pour 2008 aient chuté de 24% par rapport à son taux record atteint en 2007.
McCullough ne s’aventurera pas à spéculer sur le retour du marché du luxe, mais il espère que les nouveaux modèles Bentley attireront plus d’acheteurs.
Les ventes du coupé Bentley Continental GT se sont accrues de 11% sur le marché mondial et de 19% aux États-Unis. « Ces chiffres confirment le fait que c’est bien l’arrivée de nouveaux modèles - en l’occurrence, de voitures sportives deux places - qui ralentissent le déclin du marché automobile, » constate McCullough.
Un défi de très grande importance
Néanmoins, il se peut que le marché de l’ultraluxe ne soit pas si robuste qu’il en a l’air. Malgré l’augmentation des ventes de véhicules Rolls Royce (Nasdaq OTC et autres : RYCEY.PK - news - people) en 2008 - qui s’élève à 26,6% - le directeur senior du centre d’essai automobile du mensuel américain Consumer Report, David Champion, se demande comment les entreprises vont cette année pouvoir vendre des voitures dont l’étiquette indique un prix de 400 000 dollars.
« Je continue à penser qu’aux États-Unis, assez de personnes ont un bon travail et un salaire considérable pour que cela les encourage à conduire une belle voiture, se confie Champion. C’est une chose qu’ils font quotidiennement ; l’idée d’accéder au luxe un peu chaque jour les pousse à conduire une belle voiture, que ce soit une Mercedes ou une BMW. Dans une certaine mesure, on va bientôt voir une baisse des ventes de voitures très, très chères de marque Rolls Royce [et de celles de marque] Maybach. C’est un peu trop flagrant. »
Lieb, le PDG de Mercedes, est plus franc: « Ce que je pense des entreprises Bentley, Lamborghini et Aston Martin ? Aïe…je n’aimerais pas être à leur place. »

