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Patrons toxiques : Comment vivre avec les monstres

Publié le 18 August 2008

Il y a deux ans de cela j’ai quitté mon job de rêve de directeur territorial pour une entreprise moyenne dans le secteur des nouvelles technologies. Je connaissais la sœur de mon futur patron. Elle a été ma partenaire en affaires pendant de longues années. C’est une commerciale très relaxe, qui ne compte pas ses heures de travail et qui est connu dans l’industrie comme une personne très professionnelle et efficace. Malheureusement  le gène de la quiétude, de l’efficacité et du professionnalisme semble manquer chez le frère de mon amie. J’ai accepté le poste et très rapidement je me suis rendu compte que je travaillais pour  le patron toxique classique.
Le type a un tempérament de chien, me hurle  des obscénités dans les oreilles au téléphone,  monte mes collègues les uns contre les autres et se lances dans de longues et non productives tirades à propos des clients, de l’industrie et les membres de son staff. J’adore vraiment ce boulot excepté mon patron. Et je suis très bon dans ce que je fais. Donc je ne démissionne pas. Par contre j’ai développé une formule qui me permet de faire avec la situation. La boxe des patrons toxiques
Non l’idée n’est pas de le boxer au sens propre du terme. Je boxe dehors une portion de la journée pour m’occuper de mon boss. Je me mets de côté tous les jours de 8h30 à 10h du matin pour  subvenir à tous ses besoins.
E-mails courts
J’envoie des emails courts toute la journée surtout pendant la période de boxe.  Il n’éprouve aucun désir de m’appeler lorsqu’il se retrouve noyé sous un flot de rapports.
Sur répondre à ses colères de chien
Mon boss aime que ses ordres soient immédiatement exécutés. Alors j’essaie de traiter chaque requête aussi vite que je peux dès qu’elle arrive.   Si je ne peux pas immédiatement répondre je lui envoie un e-mail l’informant que je suis déjà occuper sur un autre projet. Huit fois sur dix il  fait traiter l’ordre pour moi.
Lui déléguer ses propres trous de rat
Mon patron est obsédé par les exercices de tarifications. Nous passons des heures au téléphone dans des processus largement subjectifs agissant comme si on cherchait le prix magique. Il a tué ma productivité. Maintenant je dis à mon patron : « je suis occupé sur Y, pourriez vous travailler sur la proposition de prix pour X ? Vous êtes beaucoup plus doué que moi pour ce genre de tâche » Donc il est occupé toute la journée ou plus sur ce qu’il aime faire, et il ne me ralentit plus. 
Décrocher le téléphone
Mon téléphone a un problème. Quand les gens font trop de caprices, il perd la connexion. Habituellement mon supérieur rappelle. Si je décide de décrocher il dit : « je me suis dit qu’on était coupé » et poursuit ensuite sur un ton beaucoup plus aimable. Je décide de quand prendre ses appels. Quelques fois je ne réponds pas à ses coups de fil pour la simple raison que je n’en ai pas envie.
Prévoyance de l’assaut
Mon boss généralement à des montées de caprices deux semaines avant la fin du trimestre. Il me dit invariablement que je ne dirige pas mon territoire correctement (ce qui me met hors de moi).  Maintenant je prévois ses périodes de mauvaises humeurs dans mon calendrier pour me préparer à ça. Je lui dis même qu’il aura ce caprice avant qu’il le fasse et quelques fois je lui dis que je suis d’accord avec lui. Ce qui le met hors d’état de nuire. Je ne dirai pas que c’est un système parfait mais il nous permet d’avoir un peu de détente.
P.S : Mon boss est en vacance cette semaine, je suis trois fois plus productif.

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