La Russie a reconnu mardi l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Dans la nuit du 7 au 8 août, les troupes russes avaient lancé une vaste contre-offensive en Ossétie du Sud après une attaque géorgienne. Une partie d’entre elles maintient toujours ses positions. highprofilesnews.com vous propose de prendre connaissance des principales informations du jeudi 28 août.
Échanges d’amabilités. “La France n’a pas l’esprit malade, la France était sur place en Géorgie et en Russie pour faire son travail de président de l’Europe (…) Je n’ai pas l’esprit malade. Les Russes sont un peu nerveux ces derniers temps”, a déclaré Bernard Kouchner sur les ondes d’Europe 1. L’origine de cette réplique cinglante ? L’accusation de Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe envers son homologue français, d’ imagination maladive . Jeudi matin, Bernard Kouchner avait expliqué que certains pays européens envisageaient “des sanctions” contre la Russie avant le sommet extraordinaire de lundi à Bruxelles, mais que ce n’était pas une proposition française. Paris ne “pense pas” à des sanctions, avait-il précisé. Bernard Kouchner avait également estimé que Moscou pouvait avoir, après la Géorgie, “d’autres objectifs” dont “la Crimée, l’Ukraine, la Moldavie”.
Sanctions européennes envisagées contre la Russie. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a indiqué pour la première fois que des “sanctions sont envisagées” contre la Russie par les pays européens qui se réuniront en sommet extraordinaire lundi sur la crise géorgienne. “Je ne vais pas préfigurer moi-même des sanctions, alors que la réunion n’a pas eu lieu, mais nous travaillons avec nos 26 partenaires (de l’UE) en ce moment (…) Nous essayons d’élaborer un texte fort signifiant notre volonté de ne pas accepter la situation en Géorgie”, a précisé le chef de la diplomatie française. La réponse de la Russie ne s’est pas fait attendre. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a aussitôt ironisé sur ces menaces de sanctions européennes contre Moscou, affirmant que l’Union européenne était “simplement irritée” par les déconvenues de la Géorgie, “petit chouchou” de l’Occident.
Défi russe. La Russie a effectué un essai de missile Topol, capable de percer une défense antimissile. “Les forces stratégiques nucléaires et les forces spatiales ont effectué à 14 h 36 heure de Moscou un test de routine de missile balistique intercontinental PC-12M Topol”, a déclaré un porte-parole des forces stratégiques Alexandre Vovk. Une annonce qui fait directement allusion à l’accord signé mercredi 20 août entre la Pologne et les Etats-Unis, prévoyant l’installation d’éléments du bouclier antimissile américain sur son sol à l’horizon 2012 . A la suite de cet accord, Dmitri Medvedev avait déclaré à la chaîne de télévision Al-Jazeera que “la réponse de la Russie à l’installation d’un bouclier antimissile américain en Pologne et en République Tchèque, serait de nature militaire”.
1.692 tués dans le conflit . Le procureur général de la république séparatiste pro-russe d’Ossétie du Sud a annoncé que 1.692 personnes avaient été tuées dans les attaques géorgiennes, selon un bilan provisoire.
Position unie de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS ) . La Chine et les autres alliés asiatiques de Moscou au sein de l’OCS ont adopté “une position unie” sur les actions de la Russie en Géorgie, selon Dmitri Medvedev. “Je suis sûr que la position unie des États membres de l’OCS aura un retentissement international et j’espère qu’elle servira de message fort à ceux qui essayent de transformer le noir en blanc et de justifier cette agression”, a affirmé le président russe. L’Organisation de coopération de Shanghai réunit la Chine, la Russie et quatre des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan).
L’Allemagne demande une enquête internationale . Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier (SPD), a appelé dans une interview la Russie à permettre une enquête internationale pour vérifier ses accusations d’exactions des forces géorgiennes en Ossétie du Sud. Dans cette interview au quotidien Süddeutsche Zeitung , Frank-Walter Steinmeier relève que le Kremlin “affirme que des actes de cruauté ont été perpétrés contre la population d’Ossétie du Sud”. Or “pour déterminer si c’est le cas et dans quel ordre de grandeur, il revient à la Russie ou aux Ossètes du Sud de l’étayer”. “La Russie ferait bien de donner la possibilité, par exemple à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de faire une enquête sur ces accusations”, suggère-t-il.
Sarkozy s’est entretenu avec Medvedev . Nicolas Sarkozy s’est entretenu mercredi soir au téléphone avec son homologue russe Dmitri Medvedev. Au cours de cette conversation le chef de l’État “a souligné l’urgente nécessité de faire baisser la tension et d’appliquer pleinement les six points de l’accord de cessez-le-feu”. “La mise en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité, ainsi que la question des réfugiés, ont fait l’objet de discussions approfondies”, indique l’Élysée. Nicolas Sarkozy a également rappelé les positions de la présidence du Conseil de l’Union européenne concernant la décision russe de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. La tenue d’un Conseil européen extraordinaire le 1er septembre, consacré à la crise en Géorgie, a aussi été évoquée.
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