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Steve Jobs vs Bill Gates

Publié le 22 January 2009

Par Brian Caulfield traduit par N. Bougeant
La reprise idolâtrée d’Apple par son co-fondateur Steve Jobs donne la chair de poule, mais le nombre de similitudes qu’il porte avec Edison est encore plus impressionnant.
Il été là lorsque l’ordinateur personnel (PC - Personal Computer) est né. Il a eu sa seconde apparition. Il a rétabli une société en très mauvaise santé. Et tout au long de son parcours, il a changé notre perception de la musique, des films, téléphones et ordinateurs.
Soit, ce n’est pas « L’histoire la plus extraordinaire jamais racontée », mais c’est tout de même un script décrivant des zigs surprenants, des zags qui inspirent et une multitude de gains satisfaisants.
Il est facile d’appeler ‘ une religion’ ce que le co-fondateur d’Apple (Nasdaq : APPL - news - people), Steve Paul Jobs, a forgé, car il existe certains indices révélateurs : des foules exaltées, des rituels communs aux présentations de nouveaux produits, ainsi que les signes et symboles. À cet égard, ce qui nous vient d’abord à l’esprit est la fameuse couverture du magazine Wired affichant la pomme du logo d’Apple, empêtrée dans des épines et sous laquelle est inscrite l’incitation « Priez ». Et puis il y a Jobs en tant qu’individu : le milliardaire vêtu d’un pull col cheminé noir, le faiseur de miracles portant des chaussures de sport New Balance.
Sur les photos : 10 grands moments dans la vie de Steve Jobs
Un jour, ces simples baskets deviendront des reliques adulées. « Dans cent ans, vous verrez que les gens collectionneront encore des pulls col cheminé noirs et des blues jeans déchirés sur un côté, », prédit Roger McNamee, un investisseur en technologie chevronné. (Note du rédacteur : McNamee est un associé chez Elevation Partners, une société qui investit des fonds minoritaires dans les médias dépendants du magazine Forbes.
Après tout, c’est Jobs qui est à l’origine du lancement de l’industrie de l’ordinateur personnel, comme par exemple le Macintosh. Il est revenu diriger Apple, y incarnant une renaissance claironnante. Il a refait des films aux studios Pixar. Il a entrepris la création de l’iPod et de l’iPhone.
« Il figurera certainement dans les manuels d’histoire, et je ne serais pas surpris que ces derniers le mettent plus en évidence que Bill Gates, » affirme Charlie Wolf, un analyste chez Needham & Company qui, tout comme McNamee, a pris comme modèle la carrière de Jobs, ce depuis le début de son parcours.
Après tout, c’est Jobs, et non Gates, qui a rendu l’ordinateur personnel (d’abord avec le premier ordinateur Apple qu’il a élaboré avec Steve Wozniak, puis avec le Macintosh, qui a rendu célèbre l’interface utilisateur graphique que Gates s’est plus tard évertué à reproduire avec son Microsoft
De plus, contrairement à Gates, Jobs a réinventé non seulement les ordinateurs, mais aussi les films, la musique et le téléphone.
Jobs a simplement bousculé notre vision du monde technologique, ayant enchaîné plus de périodes cruciales pour la technologie de ces 25 dernières années que quiconque. Aux dires de McNamee, « Il sera pour la période du début du 21ème siècle ce que Thomas Edison était pour celle du début du 20ème siècle. Edison était un inventeur à une époque où régnait l’ère des inventions, tout comme Jobs est un produit à une époque où règne l’ère des produits. »
Voilà une comparaison qui correspond à Jobs tout comme lui vont ses chaussures de marque, car il a fait en sorte que ses réalisations conviennent parfaitement à un contexte extrêmement américain. Après tout, Jobs n’a pas plus inventé les facteurs qui déterminent l’âge numérique qu’Edison a inventé la lumière électrique.
Ce que les deux hommes ont fait (à des fins plutôt lucratives) a été de tisser de nouvelles technologies au sein de systèmes qui les ont rendues utiles pour nous autres. Le logiciel iTunes d’Apple est à la musique numérique ce que la station électrique Pearl Street d’Edison était à l’ampoule électrique, soit deux infrastructures qui ont changé un artefact en un véritable business.
Les biographies d’Edison et Jobs comportent elles aussi de nettes similitudes. Edison a toujours été une personne active : il vendait des légumes et friandises tout en bricolant sur de nouvelles technologies pendant son temps libre, dans les trains ou les bureaux télégraphiques. Parallèlement, Jobs et Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple, ont commencé leur carrière en vendant des gadgets qui déverrouillent les téléphones, permettant ainsi d’appeler gratuitement, et ils rafistolaient des ordinateurs pour les passionnés d’informatique.
Plus tard, Edison dirigera des équipes de technologistes plutôt que de travailler en bricoleur solitaire, fondant tout au long de sa vie des entreprises comme General Electric (NYSE/ Bourse de New York : GE - news - people).
Jobs est également réputé pour recruter des ingénieurs et leur dicter les étapes de la conception de nouveaux produits, édifiant ainsi des empires autour d’eux. La carrière de Jobs, tout comme celle d’Edison à l’époque, est remplie de ce qui serait, aux yeux d’autres hommes, des créations que l’on entreprend une seule fois dans sa vie.
Même le conflit, qui opposait le système de courant continu d’Edison à celui, alternatif, de George Westinghouse (conflit plus connu sous le nom de « Guerre des courants »), reflète la rivalité entre les systèmes opératifs du Macintosh et les logiciels DOS et Windows, conçus par Microsoft.
Nous ne pouvons pas savoir quand se terminera l’histoire de Jobs. Celle d’Edison, cependant, nous révèle la chose suivante : au cours des derniers mois de sa vie, Edison supervisa l’élaboration du train électrique, installé entre les villes de Hoboken et Dover, dans le New Jersey. Lorsque le train quitta la gare, en 1931, Edison était aux commandes de l’accélérateur. Il y resta du début à la fin.

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