Les investisseurs sont confrontés à la faillite Lehman, à la vente de Merrill Lynch à Bank of America, et à une possible restructuration d’AIG.
Mieux vaut que les Lundis ne soient pas aussi frénétiques que celui-ci.
Wall Street s’attendait à passer la journée d’aujourd’hui à essayer de contenir les dommages causés par l’annonce de la faillite de Lehman Brothers, vu que la quatrième plus grande banque d’investissement n’a pas pu trouver d’acheteur pour son bilan désastreux.
Et ce n’est pas tout. Il y a la difficile vente de Merrill Lynch à Bank of America pour environ 50 milliards de dollars, et un plan de restructuration radical pour American International Group (AIG), le géant des assurances qui est devenu un acteur majeur dans les titres et produits dérivés liés aux crédit hypothécaires.
De nombreux traders sur marché obligataire n’ont même pas eu de week-end. Une séance supplémentaire d’urgence s’est déroulée le dimanche après-midi pour le trading sur credit default swaps, une sorte de produit dérivé. La session a eu lieu « pour réduire les risques associés à une faillite Lehman », selon un avis publié par l’association International Swaps & Derivatives. Les transactions dépendaient du dépôt de bilan de Lehman à minuit. Les entreprises ont aussi appelé les employés à revoir leurs positions face à Lehman.
LE TEST DE LA POLITIQUE PAULSON
La journée a été confrontée aux retombées de la décision du secrétaire au Trésor Henry Paulson et de président de la réserve fédérale Ben Bernanke de laisser Lehman échouer plutôt que de la faire prendre en charge par une autre banque sur un marché soutenu par le gouvernement. Paulson et Bernanke ont clairement indiqué cet été qu’ils avaient organisé à contrecœur l’acquisition en Mars de Bear Stearns par JPMorgan Chase. Ils craignaient que permettre la faillite de Bear Stearns ne plonge Wall Street dans le chaos. En effet, Bear avait d’innombrables contrats sur dérivés de crédit face à de nombreuses autres banques et hedge funds. Maintenant, les régulateurs ont apparemment décidé que Wall Street a eu le temps de maitriser ses risques avec Lehman. La solvabilité de la firme new-yorkaise a été remise en question depuis le début de cette année et des doutes sérieux ont pesé sur elle pendant plusieurs semaines. Les avertissements sur Lehman, six mois après que Bear ait été gentiment cédé, ont donné à Wall Street le temps de se préparer à la faillite d’une grande banque d’investissement.
Les régulateurs voudraient croire que Wall Street a eu assez de temps pour anticiper et se préparer. Les injections de liquidités dans les entreprises en difficulté, tout en préservant les institutions financières et en atténuant le danger à court terme, sont largement considérées comme un encouragement aux gestionnaires et aux investisseurs à prendre de plus en plus de risques, se disant que leurs pertes seront couvertes.
Les régulateurs ont probablement également ressenti les autres influences qui les poussent à ne pas sauver Lehman. Les actions de Merrill et AIG ont chuté la semaine dernière, avec le stock Lehman, à la suite de la reprise par le gouvernement des géants Fannie Mae et Freddie Mac. Les actions de la caisse d’épargne Washington Mutual se sont également dépréciées fortement. En d’autres termes, les choses pourraient devenir beaucoup plus couteuses pour le gouvernement, même s’il ne subventionne pas d’acheteur pour Lehman.
LES ACTIONS PRIVILÉGIÉES À LA POUBELLE
La dégringolade des prix de Merrill et AIG a mis en avant la possibilité que le marché ait compris que les deux instituions arbhoraient de nouvelles pertes sur les crédits hypothécaires. Pire encore, si Merrill et AIG ont perdu beaucoup de fonds, Wall Street a moins d’options pour remplacer le capital depuis l’opération sur Fannie et Freddie. Les modalités de l’OPA du gouvernement sur Fannie et Freddie ont annihilé la valeur de leurs actions privilégiées.
Jusqu’à présent, les actions privilégiées ont été un excellent outil pour les investisseurs audacieux souhaitant injecter de nouveaux capitaux dans une entreprise ayant besoin de réhabilitation. Les transactions sur Fannie et Freddie ont indiqué que ces investisseurs préférés pourraient perdre gros, face aux investisseurs sur actions ordinaires, dans le cas de rachats d’urgence. Aussi bien Merrill qu’AIG ont levé de nouveaux capitaux au début de cette année en emettant des titres similaires aux actions privilégiées. Lehman a également levé des capitaux par le biais de ces investisseurs privilégiés, qui sont maintenant susceptibles d’être fortement affaiblis par la faillite. Alors maintenant les émissions massives d’actions privilégiées pourraient ne pas être en mesure de combler les trous des bilans pouvant être causés par de nouvelles pertes.
Après une mauvaise semaine, un week-end de travail, et un lundi frénétique, Wall Street ne peut que souhaiter que la crise du crédit ait atteint son plus haut niveau.
David Henry traduction L. Traoré



September 23rd, 2008 at 10:20 pm
Aujourd’hui, on pourrait dire “vent de panique à l’ONU”. Notre cher président Nicolas Sarkozy utilise au sommet de l’ONU les termes de “plus grave crise financière depuis les années 30″. Manquait plus que les politiques s’en mêlent avec leur propositions de capitalisme régulé et orienté vers le développement plutot que la speculation. L’intérêt de la finance c’est que comme au poker, on bluffe, on parie, certaines fois on gagne et d’autres fois on perd… Cette fois-ci c’est quasiment perdant-perdant, les marchés s’enfoncent, les banques s’affolent mais il ne faut pas changer les règles de jeu pour autant.
En ce qui concerne la politique Paulson, il applique deux poids deux mesures en nationalisant AIG et Fanny Freddie mais en laissant Lehman de côté, dimanche dernier il a quand même fini par demander au Congrès 700 milliards de dollars pour purger le système financier des actifs à risque… On verra bien !
September 26th, 2008 at 8:46 pm
Panique certes mais il est de noter que certaines institutions en profitent pas mal et grossissent sur les ruines des établissements en échec genre JPMorgan qui a repris les activités bancaires de Washington Mutual, en faillite, pour une poignée de dollars.
Maintenant tout le monde compte sur le plan de sauvetage des banques par nos amis américains. Je suis assez d’accord avec le commentaire précédent : les politiques s’en melent… A mon avis, ils auraient dû s’en meler un peu plus tot pour sauver les pauvres gens qui ne peuvent plus rembourser leurs crédits, pas ces institutions financières qui sont censés connaitre les risques et les controler de sorte à disposer de suffisamment de fonds propres.
September 29th, 2008 at 10:12 pm
Le plan de sauvetage ayant été rejeté, le vent de panique va devenir un ouragan et ça ne fait que commencer!
October 1st, 2008 at 8:46 pm
Plus grosse crise depuis 1929 n’est-ce pas ? C’est l’Ouragan Katrina de la finance !