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Warren Buffet le chevalier blanc de Goldman Sachs

Publié le 29 September 2008

L’infusion de 5 milliards de dollars de cash de l’oracle d’Omaha sauvera peut être Goldman Sachs, mais la santé financière chancelante de la banque et ses perspectives floues lui ont fait perde de sa superbe.Warren Buffet est décidément un homme puissant dont le soutient est un gage de sécurité et de fierté dans le monde de la finance. Moins de 14 heures après l’infusion par lui de 5 milliards de dollars us et l’éloge qu’il a fait de la plus grande banque d’affaires mondiale en difficulté, Goldman Sachs a trouvé le 24 septembre d’autres investisseurs qui ont mis la main à la poche à hauteur de 5 milliards de dollars pour acquérir des parts de la société permettant à cette dernière de renflouer ses comptes mis à mal par la crise financière. La mise sur le marché de quelques 40,65 millions d’actions au prix unitaire de 123$ us a remporté deux fois plus que ce qu’espéraient les patrons de Goldman Sachs.
Mais le deal est difficilement présentable comme gage de la solidité financière de Goldman et de sa confiance en un avenir meilleur. Certains analystes disent que l’investissement de Buffet et la levée de capitaux sont extrêmement coûteux à la firme qui aura à faire face à des années de troubles, de retranchement et de faibles résultats dans la bataille qu’elle mène dans la crise financière actuelle. Au regard de la levée de capitaux, Meredith Whitney analyste chez Oppenheimer a dit dans une note adressée à ses clients : « Pour GS, le porte drapeau des banques d’affaires, les termes de ce deal paraissent très coûteux et posent la question de savoir quelles sont les vraies conditions du marché actuel. »
Les actions ont été cédé moitié prix par rapport au cours de cotation d’il y a un an. Cela va considérablement diluer la valeur des parts de GS, environ 16% comme résultats de l’investissement de Buffet et de la levée de capitaux d’après les calculs de Whitney. L’enthousiasme initial des investisseurs a été refroidi par la découverte des implications que cela allait induire. L’action est d’abord montée au dessus de 133$ us à l’annonce de l’investissement de Buffet, mais a ensuite chuté à l’annonce des termes de la levée de capitaux. Le 24 septembre elle s’est un peu reprise de 6% pour remonter à 132$ us.

Les investisseurs ont été assommés
Goldman et Morgan Stanley, l’autre grande banque d’affaire qui a survécu à la tornade financière qui a emporté Merryl Lynch, Bear Stearns et Lehman Brothers ont assommés les investisseurs lorsqu’ils ont annoncé leurs intentions de se transformer en banque commerciales. L’action faite en coordination avec la réserve fédérale les contraindra à une plus grande régulation de la part de l’autorité publique et il est espéré que cela leur permettra de mieux repartir ou revoir à la baisse les investissements risqués « plusieurs d’entre eux tel que la souscription de titres adossés à des prêts hypothécaires se sont déjà desséchés». Il n’est plus espéré de les voir flirter avec les taux d’endettement énormes aux quels ils nous ont habitué les années passées.
Les deux banques peuvent maintenant compter sur des infusions de cash solides. Pendant que Goldman récoltait 10 milliards $ us de la part de Buffet et des investisseurs publics, Morgan a obtenu plus de 8 milliards $ us de la part de la méga banque Japonaise Mitsubishi UFC en échange de 20% des ses parts. Pourtant ils sont à peine sortis de l’auberge. « Ils vont devoir se serrer la ceinture et être emmenés à licencier des milliers de personnes sans que cela soit dû à une charte quelconque » dit Richard Bove analyste chez Landerburg Thalmann « cela est dû au fait que le métier à changé. De mon point de vue cette crise financière durera trois (3) ou quatre (4) ans ».
Buffet pour Bove a fait une très belle affaire en investissant dans Goldman Sachs. Il a acquis pour 5 milliards $ d’actions privilégiées perpétuelles et l’obtention de 10% du dividende et des bons de souscription (warrants) pour acheter 5 milliards $ d’actions ordinaires à un prix de 115$ par action. Il sera en mesure d’exercer les bons de souscription (warrants) à tout moment sur une période de cinq ans. Avec l’action qui côte au dessus du prix d’achat il est largement gagnant. Ce n’est pas une bonne affaire pour Goldman Sachs mais plutôt pour Warren d’après l’analyste en ajoutant « Goldman de toutes les façons n’avait pas le choix car il risquait la banqueroute sans cela». Lehman Brothers est en banqueroute, tandis que Bears Stearns s’est effondré et a été vendu à vil prix à JP Morgan Chase. Merryl Lynch a échappé au désastre en se vendant à Bank of America.
Les officiels de Goldman ont déclaré n’avoir jamais été dans le même état que leurs consœurs. Lucas Van Praag un porte parole de la firme a dit que les affirmations de Bove au sujet d’une éventuelle banqueroute étaient fallacieuses et farfelues. « Les autres firmes avaient une énorme concentration de prêts hypothécaires ou dépendaient excessivement de sources de revenus court terme, ce genre de business tel que les titres adossés à des prêts immobiliers ou mêmes les subprimes ne représentaient qu’une infime part des investissements de Goldman » déclare t’il. Il a ajouté que « le changement de statut en une banque commerciale plus régulée s’imposait parcequ’on ignore le sentiment du marché à nos risques et périls. Il est devenu clair dans ce marché turbulent que le sentiment est clairement d’aller vers plus de surêté et de sécurité associé au fait d’être régulé par la réserve fédérale. » En d’autres termes les investisseurs font plus confiance aux banques surveillées de très près par la réserve fédérale.

Méfiance des banques d’investissement
Néanmoins Buffet pourrait être le baume dont Goldman avait besoin depuis longtemps. Il a longtemps utilisé les services de la firme même quand il dédaignait les banques d’investissement en général. Quand l’oracle d’Omaha a dealer avec la famille Pritzker pour acheter Marmon Holdings à 7 milliards $, il a fièrement affirmé que lui et la riche famille de Chicago en sont arrivés à ce prix sans l’aide d’aucun conseiller, un style qui leur a permis d’éviter d’éventuels chipotages. Buffet a accepté un paiement initial de 60% des parts à 4,5 milliard avec la possibilité de monter au capital avec le temps. But Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Buffet a eu besoin des services de Goldman Sachs pour finaliser tous les détails du deal. Et la firme a tellement bien fait le travail que dans la lettre annuelle qu’il a adressé à ses actionnaires l’année dernière Buffet a mis en évidence un banquier Byron Trott comme « le rare banquier d’affaires qui se met à la place de ses clients ». Buffet a ajouté que lui et son partenaire de chez Berkshire Charlie Munger avaient entière confiance en lui.
Il n’est pas établi que Trott qui est toujours associé chez Goldman ait quelque à avoir avec le deal qui a permis à Buffet de prendre un gros morceau de Goldman. Mais il n’y a aucun doute sur le fait que Buffet a une grande estime de la firme et les partenaires de celle-ci lui ont rendu la politesse. Lloyd Blankfein le PDG de Goldman était très enthousiaste d’annoncer la nouvelle « nous avons le plaisir d’annoncer au vu de l’ancienneté de la relation qui nous lie que Warren Buffet qui est incontestablement l’investisseur le plus admiré et le plus avisé du monde a décidé de faire un investissement significatif dans Goldman Sachs ».
Qualifiant l’acte de Buffet « d’une validation solide de notre franchise de client et de nos perspectives à venir » Blankfein a ajouté que « l’investissement consolidera durablement notre position solide de capitalisation et de liquidité ». Pour sa part, Buffet a qualifié Goldman « d’institution exceptionnelle » ajoutant « elle a une franchise sans rivale au monde, une équipe dirigeante très compétente, le capital intellectuel et financier pour continuer à obtenir d’excellents résultats».
La profitabilité pourrait décliner
Les opérations de Goldman et de Morgan changeront certainement comme le résultat de l’évolution des marchés financiers et le fait qu’elles aient opté pour un statut de banque commerciales mais personne ne peut savoir jusqu’à quel point. Les analystes disent que leur profitabilité va décliner à cause de l’abandon des opérations de trading sur capitaux propres risquées qui ont gonflé leurs résultats toutes ces années. Les banques seront surveillées par une multitude de régulateurs « au nombre desquels il y a la réserve fédérale, le ministère des finances, le FDIC » pour surement empêcher leurs activités les plus agressives et dangereuses. D’autres analystes disent que les rendements de leurs capitaux propres (returns on equity) qui étaient en moyenne de 22,1% chez Goldman et de 19,5% chez Morgan depuis 1999 devraient chuter aux alentours de 13% ce qui est proche de ceux des banques conventionnelles.
Elles continueront certaines de leurs opérations métiers dopeuses de résultats qui sont en dehors du champ de compétence d’une banque conventionnelle. Goldman et Morgan ont obtenu la possibilité d’inclure le pétrole dans leurs opérations de trading sur les commodités et ils voudront certainement rendre cette exemption définitive. Normalement les banques commerciales n’ont pas le droit d’acheter et de détenir le pétrole ou les autres actifs physiques. Mais des boîtes tel que Citigroup ont obtenu cette dérogation.
Aucun doute possible aussi sur le fait que Buffet attend de Goldman qu’elle continue d’avoirs d’excellents résultats comme par le passé afin que ses encouragement de soutient continuent. Dans une lettre adressée aux actionnaires de Berkshire Hathaway en 2003, le magnat de la finance a salué le banquier Trott pour son aide apporté à Berkshire lors du rachat d’une filiale de Wal-Mart. Tout en disant que ni lui ni aucun autre officiel de Berkshire n’ont fait une revue complète du deal, mais ont fait confiance aux représentants de Wal-Mart après seulement deux heures de réunion, Buffet a dit que Trott a été très important dans la conclusion du deal et de deux autres achats de Berkshire. « il comprend Berkshire beaucoup mieux que n’importe quel autre banquier d’affaires avec qui nous avons été en contact et « ça me fait mal de le dire » mérites ses cachets ».

Joseph Weber traduction J3A

1 Commentaires de cet article

  1. manu says:

    Points à suivre de près… notamment les gros impacts potentiels à ce changement d’activités

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